Communication interventriculaire (CIV)
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La communication interventriculaire, ou CIV, désigne un passage anormal entre les deux ventriculesLes ventricules sont les 2 cavités inférieures du cœur. Ils sont plus musclés que les oreillettes; ils servent à propulser le sang pour assurer la circulation dans tout le corps. >> du cœur. Elle peut être présente dès la naissance, dans un contexte de malformation congénitale, ou apparaître plus tard comme complication d’une crise cardiaque.
Le cœur humain
Le cœur est divisé en quatre chambres distinctes, séparées par des parois étanches appelées septums, et des valves qui dirigent le sangLe sang est composé de globules rouges, de globules blancs, de plaquettes et de plasma. Les globules rouges sont responsables du transport de l’oxygène et du dioxyde de carbone. Les globules blancs constituent notre système de défense >> dans la bonne direction.
On peut le comparer à une maison avec plusieurs pièces, et des portes qui permettent de passer de l’une à l’autre.
Développement du cœur
Au tout début du développement, le cœur prend forme à partir d’un simple tube qui se replie sur lui-même. Ce repli donne naissance à une seule oreillette et un seul ventricule.
Progressivement, une cloison se développe pour séparer ces cavités en deux : une partie droite et une partie gauche. La cloison qui divise les ventriculesLes ventricules sont les 2 cavités inférieures du cœur. Ils sont plus musclés que les oreillettes; ils servent à propulser le sang pour assurer la circulation dans tout le corps. >> s’appelle le septum interventriculaire.
La séparation du ventricule unique
Cette séparation débute dans la partie inférieure du cœur par la formation d’une cloison musculaire appelée septum interventriculaire musculaire. Un orifice reste ouvert dans cette cloison jusqu’à environ la 7e semaine de grossesse.
C’est à ce moment qu’une autre structure, le bulbe artériel, vient se fusionner au reste du cœur pour refermer l’ouverture avec une couche plus fine, de nature fibreuse. Cette partie s’appelle le septum interventriculaire membraneux.
Comment une CIV peut-elle exister à la naissance ?
On distingue quatre grands types de communication interventriculaire, mais les deux plus fréquents sont les formes musculaire et périmembraneuse.
Ces CIV sont causées soit par une fermeture incomplète de la partie musculaire, soit par un défaut de fusion du bulbe artériel à la partie membraneuse.
Le résultat est le même : il reste un passage anormal entre les deux ventriculesLes ventricules sont les 2 cavités inférieures du cœur. Ils sont plus musclés que les oreillettes; ils servent à propulser le sang pour assurer la circulation dans tout le corps. >>, permettant au sangLe sang est composé de globules rouges, de globules blancs, de plaquettes et de plasma. Les globules rouges sont responsables du transport de l’oxygène et du dioxyde de carbone. Les globules blancs constituent notre système de défense >> de circuler d’un côté à l’autre, ce qui peut entraîner des conséquences selon la taille de l’ouverture et le flux sanguin en cause.
Quel impact cela a-t-il ?
Normalement, le sangLe sang est composé de globules rouges, de globules blancs, de plaquettes et de plasma. Les globules rouges sont responsables du transport de l’oxygène et du dioxyde de carbone. Les globules blancs constituent notre système de défense >> circule du côté droit du cœur vers les poumons, où il est oxygéné, puis revient du côté gauche pour être propulsé dans tout le corps. Dans une CIV, cette séquence est perturbée.
Dans le cas d’une CIV périmembraneuse, située dans la partie supérieure du septum, le sangLe sang est composé de globules rouges, de globules blancs, de plaquettes et de plasma. Les globules rouges sont responsables du transport de l’oxygène et du dioxyde de carbone. Les globules blancs constituent notre système de défense >> du ventricule gauche peut passer dans le ventricule droit ou directement vers l’artère pulmonaire. Ce passage est favorisé par la pression plus élevée du côté gauche du cœur. Le résultat : une surcharge de sangLe sang est composé de globules rouges, de globules blancs, de plaquettes et de plasma. Les globules rouges sont responsables du transport de l’oxygène et du dioxyde de carbone. Les globules blancs constituent notre système de défense >> dans les poumons et, par la suite, dans l’oreillette et le ventricule gauches.
Si aucune intervention n’est faite dans le cas d’une CIV de grande taille, cette surcharge persistante peut mener à une insuffisance cardiaque à haut débit. À plus long terme, cela peut également entraîner une élévation de la pression dans les vaisseaux pulmonaires, un phénomène appe-lé hypertension pulmonaire.
Quels sont les symptômes ?
Les manifestations cliniques dépendent surtout de la taille de la communication.
La plupart des CIV sont petites. Elles ne causent généralement aucun symptôme, mais produisent souvent un souffle cardiaque que le médecin peut entendre à l’auscultation.
Lorsque la CIV est plus grande, des signes peuvent apparaître :
- chez les enfants, on peut observer un retard de croissance, un essoufflementL’essoufflement est un symptôme subjectif, ce qui signifie qu’il est ressenti mais ne peut être mesuré de manière objective, et sa perception varie d’un patient à l’autre. Lire plus >> lors des boires ou des jeux, voire au repos. Une sudation abondante durant les boires est aussi possible, bien que ce signe soit moins spécifique ;
- à l’âge adulte, si la CIV n’a pas été détectée auparavant, elle peut se manifester par une fatigueCette sensation d’être fatigué s’exprime d’une manière variable d’une personne à l’autre, malgré des conditions physiques ou un état de santé similaires. >> à l’effort, un essoufflementL’essoufflement est un symptôme subjectif, ce qui signifie qu’il est ressenti mais ne peut être mesuré de manière objective, et sa perception varie d’un patient à l’autre. Lire plus >>, une coloration bleutée des lèvres ou des doigts (cyanose) et un gonflement des jambes (œdème).
Comment peut-on la détecter ?
La CIV peut parfois être suspectée avant la naissance, lors d’une échographie fœtale. Toutefois, ce dépistage prénatal reste difficile à confirmer, car la circulation sanguine du fœtus diffère de celle du nouveau-né. Ce type d’examen est généralement proposé si un parent ou un frère ou une sœur a été diagnostiqué avec une CIV symptomatique.
Après la naissance, un souffle cardiaque entendu à l’auscultation, souvent quelques jours après l’accouchement, peut faire suspecter une CIV. L’échographie cardiaque confirme le diagnostic.
Lorsque la CIV est associée à d’autres malformations ou signes physiques, une consultation en génétique peut être suggérée pour rechercher une cause génétique ou une anomalie chromosomique.
Comment évoluent les CIV ?
Dans la majorité des cas, les petites communications interventriculaires se ferment spontanément durant les deux premières années de vie, dans environ 75 % des cas.
Certaines personnes peuvent vivre toute leur vie avec une petite CIV sans jamais présenter de symptômes. Même si elle ne se referme pas, cela n’est généralement pas inquiétant. Il faut toutefois surveiller de près les CIV périmembraneuses, même petites, car elles sont situées à proximité de la valve aortiqueLa valvule aortique est située entre le ventricule gauche et l’aorte. C’est l’une des quatre valves du cœur. >>. Un suivi régulier par échographie cardiaque permet de s’assurer qu’il n’y a pas d’impact sur cette valve.
En revanche, les CIV de plus grande taille ne se referment pas d’elles-mêmes. Si elles causent des symptômes, une intervention est généralement envisagée entre 3 et 6 mois de vie, parfois plus tôt selon la situation.
Celles qui restent silencieuses sont suivies de près afin de repérer rapidement toute évolution.
Une intervention peut être nécessaire si la CIV entraîne :
- une fuite de la valve aortiqueLa valvule aortique est située entre le ventricule gauche et l’aorte. C’est l’une des quatre valves du cœur. >>,
- un élargissement des cavités du cœur gauche,
- une infection d’une valve cardiaque,
- ou une hypertension pulmonaire dans certains cas particuliers.
Comment intervenir ?
Deux approches sont possibles pour corriger une CIV.
- La première est la chirurgie cardiaque, pratiquée depuis longtemps et reconnue pour ses excellents résultats. Elle consiste à refermer la communication à cœur ouvert, sous circulation extracorporelle.
- La seconde est une technique plus récente : la fermeture percutanée, qui se fait en introduisant un dispositif via les veines de la jambe pour fermer la communication sans chirurgie ouverte. Cette méthode donne aussi de bons résultats, mais ne s’applique pas à tous les types de CIV.
Le choix de l’intervention dépend du type et de la localisation de la CIV. Une évaluation par un cardiologue spécialisé en cardiopathies congénitales est nécessaire pour déterminer l’approche la plus appropriée dans chaque cas.
Vaccination
La vaccination est importante pour tous les enfants et adultes porteurs d’une communication interventriculaire (CIV). Cela inclut les vaccins de base, mais aussi celui contre le pneumocoque ainsi que le vaccin annuel contre la grippe.
Chez les enfants de moins d’un an qui présentent une insuffisance cardiaque, le vaccin contre le virus respiratoire syncytial (VRS) peut aussi être recommandé.
Hygiène dentaire et antibiotiques chez le dentiste ?
Chez les personnes qui ont une CIV, il est essentiel de maintenir une bonne hygiène buccodentaire, car le risque d’infection du cœur (appelée endocardite) est légèrement augmenté. Cette infection est souvent causée par des bactéries provenant de la bouche.
Depuis 2007, la prise d’antibiotiques avant les soins dentaires n’est plus systématique. Elle est seulement recommandée dans certaines situations particulières : si une intervention chirurgicale ou percutanée a eu lieu dans les six derniers mois, ou s’il reste une ouverture en contact avec un matériel synthétique. Comme les recommandations peuvent évoluer, il est préférable de valider cette question avec un cardiologue.
Participation aux activités physiques
La plupart des personnes ayant une petite CIV sans symptôme peuvent pratiquer tous les sports, sans restriction.
De même, après une intervention réussie, il est généralement possible de reprendre les activités sportives trois mois après la chirurgie ou la procédure—toutefois, il est toujours recommandé d’en discuter avec son médecin traitant.
En cas de CIV symptomatique, les sports intenses doivent être évités. Une évaluation par un cardiologue permettra de mieux guider les choix d’activités.
Pronostic
Les personnes avec une petite CIV asymptomatique, qui sont bien suivies, ont habituellement une excellente qualité de vie, sans conséquence à long terme.
Lorsqu’une CIV est corrigée chirurgicalement sans lésion résiduelle ni atteinte de la fonction cardiaque, l’espérance de vie est comparable à celle de la population générale. Les femmes dans cette situation peuvent généralement mener une grossesse sans difficulté.
Les données sur les interventions percutanées à long terme sont encore limitées, mais les résultats connus à ce jour sont très encourageants.
En revanche, une grande CIV non traitée peut entraîner une insuffisance cardiaque et, avec le temps, une hypertension pulmonaire grave appelée syndrome d’Eisenmenger. C’est pourquoi un suivi régulier auprès d’un cardiologue est essentiel pour identifier les signes précoces et proposer les traitements appropriés.
Suivi à long terme
Le suivi des petites CIV asymptomatiques dépend du type de communication et de l’évaluation du cardiologue.
Après une réparation réussie, le suivi peut être espacé ou même arrêté s’il n’y a plus d’ouverture ni de trouble de la fonction cardiaque.
Le suivi est particulièrement important chez les patients porteurs d’une CIV large non opérée ayant développé une hypertension pulmonaire. Depuis une dizaine d’années, de nouveaux traitements médicamenteux sont disponibles et permettent d’améliorer leur prise en charge.








