Prévention de l’endocardite bactérienne

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L’endocardite bactérienne est une infection à l’intérieur du cœur, s’attaquant le plus souvent à une ou à plusieurs valves cardiaques. Comme son nom la désigne, ce sont des bactéries en présence dans le sang qui en sont la cause.
Bien que ce genre d’infection soit rare, ses conséquences sont très graves et peuvent même être mortelles.
Depuis plusieurs années, les institutions médicales à travers le monde statuent sur la prévention de ce passage de bactéries dans le sang appelé bactériémie. Les recommandations sont dictées selon la présence d’une anormalité dans la structure cardiaque et des procédures permettant l’entrée des bactéries dans la circulation sanguine. Nous savons maintenant que l’utilisation courante d’antibiotiques n’est pas sans risque; en effet, une résistance de ces bactéries à être neutralisées pourrait survenir.
On prendra en compte l’évaluation de ce risque lié aux bénéfices. Dans quels cas est-il vraiment nécessaire de recourir à un traitement d’avant-garde composé d’antibiotiques et, surtout, devant quelle procédure est-il justifié? Cet article revoit ces différents points pour mieux connaître et comprendre la prévention de l’endocardite bactérienne.

Infection bactérienne

L’endocardite bactérienne, comme son nom l’indique, est une maladie infectieuse cardiaque causée par une ou des bactéries. Elles se retrouvent majoritairement sur une ou plusieurs valves cardiaques. Elles peuvent cependant se loger sur toute autre anomalie dans la structure du cœur.

Très rare, mais potentiellement mortelle

C’est une maladie très rare qui peut malheureusement avoir pour conséquence une condition médicale grave, voire mortelle. On évalue son taux de mortalité à l’hôpital à près d’un patient sur 5, soit 20 %!

Prévention

L’utilisation d’antibiotiques en prévention d’une infection potentielle s’appelle l’antibioprophylaxie.

Comprendre

Pour bien comprendre la prévention d’une telle complication infectieuse, il faut reconnaître les gens qui sont les plus à risque. Depuis les années 50, des recommandations d’antibiotiques à titre préventif se sont succédé avec une meilleure compréhension progressive du pourquoi, pour qui et comment se prémunir contre cette condition médicale.

Pourquoi?

Pendant longtemps, la prescription d’antibiotiques avait été retenue dans le cas de toute procédure qui pouvait introduire des bactéries dans le sang chez les patients étiquetés à risque d’endocardite bactérienne. Cette façon de faire a été remise en cause par des études scientifiques et l’expertise acquise en clinique.

Comment?

Il faut savoir que nous sommes tapissés de bactéries partout sur la peau, la bouche et le tube digestif. Toutefois, ces organismes ne sont nullement infectieux là où ils se trouvent. En réalité, ils nous protègent des bactéries plus virulentes.

Les portes d’entrée possibles des bactéries dans la circulation sont, en ordre décroissant : la peau, les dents et la bouche, les intestins et les voies urogénitales, c’est-à-dire les organes dont les fonctions sont l’excrétion et la reproduction.

Certaines procédures chirurgicales et autres interventions invasives ouvrent ces portes et laissent passer les bactéries dans la circulation sanguine de façon transitoire, mais en grande quantité.

Attention aux gestes banals, mais récurrents

Nous savons maintenant qu’il existe d’autres situations qui permettent cette introduction de manière récurrente, voire quotidienne, mais en moins grand nombre.

Ces 2 phénomènes ont donc été considérés ainsi : des entrées de bactéries importantes et ponctuelles vs celles d’un nombre moindre, mais de façon récurrente. Des études menées chez l’animal ont démontré que ces ensemencements bactériens de faible intensité mais fréquents pouvaient tout autant causer une endocardite bactérienne.

Des introductions au quotidien

À titre d’exemple, voici des gestes quotidiens susceptibles d’avoir une telle conséquence : le brossage des dents et la mastication. Nous ne pouvons pas contrecarrer ces introductions quotidiennes de bactéries avec des antibiotiques. C’est pourquoi, au fil des années, on a donné une importance particulière à l’hygiène corporelle et buccodentaire.

L’hygiène corporelle et buccodentaire

La première règle à observer est la surveillance de la guérison des plaies aux pieds, chez les diabétiques tout spécialement, ou à obtenir un diagnostic médical et à procéder au traitement prescrit du tinea pedis, mieux connu sous le nom de pied d’athlète, le cas échéant.

La deuxième règle préconise un suivi régulier avec un professionnel de la santé dentaire.

Elle recommande fortement le brossage régulier des dents, au moins 2 fois par jour, l’utilisation de la soie dentaire et celle d’un rince-bouche en prévention de la gingivite.

À elles seules, ces 2 règles font maintenant la base de la prévention de l’endocardite bactérienne et, la plupart du temps, elles sont les seules mesures à suivre.

L’évolution des recommandations

L’évolution constante des recommandations de cette prévention antibactérienne s’est faite graduellement dans le temps en considérant l’histoire naturelle de l’endocardite, les facteurs de risque et les recherches chez les animaux, entre autres. Elle tient également compte de l’impact d’une thérapie à large spectre aux antibiotiques, de l’émergence d’une certaine résistance à ces bactéries et du danger de provoquer de plus graves infections. L’utilisation d’antibiotiques de façon irréfléchie amène plus de désavantages que de bénéfices.

Les recommandations actuelles

Les recommandations actuelles privilégient donc une diminution des causes potentielles de bactériémies par rapport à une neutralisation des bactéries par l’antibioprophylaxie.

La base

La règle de base demeure les mesures d’hygiène corporelle et buccodentaire décrites précédemment.

L’antibiothérapie préventive

L’administration additionnelle d’une antibioprophylaxie dépend d’une condition cardiaque préexistante et du type d’intervention à venir.

Sont concernés, tous les patients…

  • ayant bénéficié d’un remplacement d’une valve cardiaque ou d’une réparation valvulaire, peu importe la méthode utilisée;
  • ayant déjà présenté une endocardite bactérienne;
  • récipiendaires d’un greffe cardiaque et ayant développé ensuite une dysfonction de valve cardiaque;
  • ayant présenté une anomalie cardiaque à la naissance, incluant :
  1. toute anomalie cardiaque cyanogène partiellement ou non réparée. Il s’agit d’une anomalie qui entrave la circulation sanguine normale;
  2. pendant les 6 premiers mois d’une réparation complète, utilisant un quelconque dispositif.

Les conditions suivantes ne sont pas visées par une antibioprophylaxie :

  • pontages aortocoronariens;
  • présence de stents coronariens;
  • stimulateur (pacemaker) cardiaque;
  • prolapsus mitral sans épaississement ni insuffisance valvulaire;
  • communication interauriculaire (CIA);
  • 6 mois suivant une fermeture de CIA;
  • 6 mois après une fermeture de l’appendice auriculaire gauche;
  • insuffisance ou sténose valvulaire;
  • Une histoire de fièvre rhumatismale dans le passé avec ou sans valvulopathie associée.

Procédures nécessitant une prophylaxie chez les patients à risque

Les interventions médicales exigeant une prophylaxie chez les patients nommément à risque ci-dessus :

  • toute chirurgie cardiaque;
  • procédure chirurgicale de la bouche, du pharynx ou du larynx;
  • bronchoscopie avec biopsie;
  • chirurgie buccodentaire, incluant le nettoyage des dents, extraction ou autre traitement similaire.


Procédures cutanées et musculosquelettiques

Les procédures cutanées et musculosquelettiques ne nécessitent aucune prophylaxie, même si elles sont en présence d’éléments infectieux, et il en est de même pour les procédures gastro-intestinales et génito-urinaires.