Le myxome cardiaque est une masse anormale qui se développe à l’intérieur du cœur. On parle de tumeur bénigne, ce qui signifie qu’il ne s’agit pas d’un cancer et qu’elle ne se propage pas à d’autres organes comme peuvent le faire les tumeurs malignes.

Cependant, le cœur étant une pompe essentielle à la circulation du sang, toute masse qui s’y développe peut perturber son fonctionnement. C’est pour cette raison qu’un myxome, même bénin, doit toujours être pris au sérieux.

Où se situe habituellement un myxome ?

Dans la grande majorité des cas, le myxome se développe dans l’oreillette gauche, une des cavités supérieures du cœur. Il est le plus souvent attaché à la paroi interne du cœur, au niveau du septum interauriculaire, c’est-à-dire la cloison qui sépare les deux oreillettes.

Cette zone correspond à un point d’ancrage fréquent pour le myxome. À partir de là, la masse peut bouger à l’intérieur de l’oreillette au rythme des battements cardiaques. Cette mobilité explique pourquoi certains symptômes peuvent varier selon la position du corps ou apparaître de façon intermittente.

Plus rarement, le myxome peut se former ailleurs dans le cœur. Sa localisation précise joue alors un rôle important dans les symptômes observés et les risques associés.

Une croissance généralement lente, mais imprévisible

Le myxome cardiaque ne se développe pas du jour au lendemain. Dans la plupart des cas, sa croissance est lente et progressive, s’étalant sur plusieurs mois, voire plusieurs années. Cette évolution graduelle explique pourquoi il peut rester longtemps silencieux et être découvert fortuitement lors d’un examen réalisé pour une autre raison.

Cependant, même si sa croissance est habituellement lente, le myxome demeure imprévisible. Selon sa taille, sa forme et surtout sa mobilité, des symptômes peuvent apparaître relativement rapidement, sans lien direct avec la vitesse de croissance elle-même. Une masse modeste, mais très mobile, peut parfois provoquer des manifestations importantes.

C’est cette combinaison entre croissance progressive et risque de complications soudaines qui justifie une prise en charge chirurgicale dès que le diagnostic est posé, même en l’absence de symptômes marqués.

À quoi ressemble un myxome ?

Un myxome n’est pas une masse dure. Sa texture est souvent décrite comme molle ou gélatineuse. Il est généralement attaché à la paroi interne du cœur par un pédicule, une petite zone d’ancrage, un peu comme s’il était suspendu.

À chaque battement cardiaque, cette masse peut bouger à l’intérieur de la cavité. Ce mouvement explique pourquoi certains symptômes peuvent apparaître soudainement ou varier selon la position du corps.

Pourquoi un myxome peut-il poser problème ?

Le cœur fonctionne comme un système de portes et de passages qui s’ouvrent et se ferment à chaque battement. Lorsqu’un myxome est présent, il peut parfois gêner ce mécanisme normal.

Selon sa taille et sa position, il peut obstruer partiellement le passage du sang, en particulier au niveau d’une valve. Le sang circule alors moins facilement, ce qui peut entraîner un essoufflement ou une fatigue inhabituelle.

Un autre risque vient du fait que de petits fragments du myxome peuvent se détacher. Ces fragments peuvent voyager dans la circulation sanguine et bloquer une artère ailleurs dans le corps, notamment au cerveau. C’est ce que l’on appelle une embolie.

Quels symptômes peut provoquer un myxome ?

Les manifestations d’un myxome sont très variables. Certaines personnes ressentent des symptômes importants, tandis que d’autres n’en présentent aucun pendant longtemps.

Lorsque la masse gêne la circulation du sang dans le cœur, des symptômes comme l’essoufflement à l’effort, la fatigue ou des étourdissements peuvent apparaître. Dans certains cas, des pertes de connaissance peuvent survenir.

Si des fragments se détachent, les symptômes dépendent de l’organe atteint. Une atteinte du cerveau peut provoquer des troubles neurologiques soudains, comme un accident vasculaire cérébral (AVC).

Il arrive aussi que le myxome s’accompagne de signes plus généraux, comme une fièvre persistante ou une sensation de malaise difficile à expliquer. Ces signes peuvent parfois retarder le diagnostic.

Comment fait-on le diagnostic ?

Le myxome est le plus souvent découvert grâce à l’échocardiographie, un examen simple et indolore utilisant les ultrasons. Cet examen permet de voir directement l’intérieur du cœur et de repérer la présence d’une masse mobile.

Dans certaines situations, d’autres examens d’imagerie peuvent être utilisés pour mieux définir la taille, la forme ou la localisation exacte du myxome, surtout en vue d’une intervention chirurgicale.

Quel est le traitement ?

Le traitement du myxome est majoritairement chirurgical. Il consiste à retirer complètement la masse afin d’éliminer le risque d’obstruction et d’embolies.

Cette intervention nécessite habituellement une chirurgie à cœur ouvert, ce qui implique une ouverture du thorax afin d’accéder directement au cœur et d’enlever la tumeur de façon complète et sécuritaire. Cette approche permet au chirurgien de visualiser précisément la zone d’attache du myxome et de s’assurer qu’il est retiré en totalité.

On peut comparer cette étape à l’extraction d’une mauvaise herbe : pour éviter qu’elle ne repousse, il ne suffit pas d’enlever ce qui est visible.

Il faut retirer la tumeur avec son point d’attache, en incluant une petite marge de tissu sain autour, afin de réduire au maximum le risque de récidive.

Même si le mot chirurgie peut être inquiétant, il s’agit d’une intervention bien maîtrisée, réalisée depuis de nombreuses années. Dans la grande majorité des cas, les résultats sont excellents. Une fois le myxome retiré, le cœur peut généralement retrouver un fonctionnement normal.

Que se passe-t-il après l’opération ?

Après la chirurgie, un suivi est mis en place, le plus souvent à l’aide d’échocardiographies régulières. Ce suivi permet de s’assurer que le cœur fonctionne bien et qu’aucune nouvelle masse n’apparaît.

Le risque de récidive et le suivi après la chirurgie

Une fois le myxome retiré par chirurgie, l’évolution est le plus souvent très favorable. Dans la grande majorité des cas, la tumeur ne réapparaît pas et le cœur retrouve un fonctionnement normal.

Les études montrent que la récidive d’un myxome cardiaque demeure rare, touchant seulement une faible proportion de personnes opérées. Ce risque est particulièrement bas lorsque la tumeur est unique et que son retrait a été complet dès la première intervention.

Malgré ce pronostic très rassurant, un suivi régulier par échocardiographie est habituellement proposé après la chirurgie. Ce suivi fait partie d’une approche prudente et préventive. Il permet de vérifier que tout demeure normal au fil du temps, souvent bien avant que le moindre symptôme n’apparaisse.

Il est important de comprendre que cette surveillance ne signifie pas que l’on s’attend à une récidive. Elle vise plutôt à accompagner la personne opérée sur le long terme et à assurer une tranquillité d’esprit, tant pour elle que pour l’équipe médicale.

Dans la très grande majorité des situations, les personnes ayant subi une chirurgie pour un myxome reprennent leurs activités habituelles et mènent une vie pleinement normale.

Les formes familiales : une situation plus rare

Dans de rares cas, le myxome cardiaque s’inscrit dans un contexte familial ou génétique. Ces formes apparaissent souvent plus tôt dans la vie et peuvent concerner plusieurs membres d’une même famille.

Lorsqu’une telle situation est suspectée ou confirmée, le suivi est adapté en conséquence. Une surveillance plus étroite est alors mise en place, non seulement pour la personne atteinte, mais parfois aussi pour certains membres de la famille, afin de détecter précocement toute anomalie.

En résumé

Le myxome cardiaque est une tumeur bénigne du cœur, mais sa localisation peut entraîner des conséquences importantes.

Il peut rester silencieux longtemps ou provoquer des symptômes variés, parfois trompeurs.

Grâce à l’échocardiographie, le diagnostic est généralement rapide, et le traitement chirurgical permet le plus souvent une guérison complète.