Une crise cardiaque : le jour où tout bascule… et où tout commence
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Ce témoignage donne la parole à Robert, enseignant, qui partage avec sincérité son expérience d’une crise cardiaque.
Sans jargon médical, il met en lumière ce que les examens ne mesurent pas toujours : la peur, les questionnements, l’hypervigilance et la lente reconstruction qui suivent l’événement. Un récit humain qui complète le regard médical et rejoint tous ceux qui marchent sur ce même chemin.
Note au lecteur
Ce témoignage utilise volontairement le terme « crise cardiaque », tel qu’il est vécu et compris par les patients.
Les explications médicales détaillées, incluant les termes STEMI et NSTEMI, sont présentées dans la section médicale associée.
En complément, lire : STEMI, le point de vue médical
« Le jour où tout s’est gravé »
Le jour où l’on fait une crise cardiaque, quelque chose se grave dans la mémoire.
Ce n’est pas seulement la douleur, ni l’urgence, ni même les gestes médicaux qui s’enchaînent trop vite.
C’est cet instant précis où le temps semble ralentir, où une pensée s’impose, silencieuse mais lourde : et si tout s’arrêtait ici ?
On se souvient de l’endroit, du moment, parfois même d’un détail anodin.
Certaines personnes reçoivent des signes avant-coureurs, comme si le corps envoyait des signaux qu’on ne comprend pas toujours. Moi, je n’en ai eu aucun.
Ce soir-là, J’ai eu un différend avec ma fille. Il est parfois difficile de rester calme devant ces gens que l’on aime plus que sa propre personne mais que l’on voit dépérir devant des problèmes de consommation incessant.
Oh, ce mal à la poitrine! Qui au lieu de vouloir partir, semble bien s’installer, s’incruster!
Au début, on hésite. On doute. On se demande si l’on exagère. Mais le cerveau insiste. Soudainement, plus rien n’est banal.
« Qui j’étais, avant »
Je m’appelle Robert, je suis enseignant.
À 53 ans, je me considérais en bonne santé.
J’étais actif, je m’entraînais régulièrement, et rien ne laissait présager ce qui allait arriver.
Comme plusieurs, j’ai été fumeur occasionnel.
Pas un gros fumeur, plutôt celui qui fume dans un contexte social, souvent avec un verre à la main, sans vraiment s’en inquiéter.
« Une douleur intense »
Puis, tout à coup… hi là là, ça fait mal.
Une douleur intense.
Et cette petite nausée qui s’installe, les gouttes de sueur qui perlent sur le front.
À ce moment-là, il n’y a plus vraiment de doute.
La seule chose à faire, c’est d’appeler le 911.
« L’appel décisif »
Les paramédics arrivent rapidement.
On me prend en charge.
Un vaporisateur de nitro sous la langue dès leur arrivée.
Un électrocardiogramme, directement à la maison.
De l’aspirine à croquer, tout de suite.
Puis, c’est le départ.
Vers où exactement ? Je ne le sais pas vraiment.
Une seule chose compte : que cette douleur disparaisse, s’il vous plaît.
Je suis demeuré conscient pendant tout ce trajet.
Et je peux vous dire une chose : il est tout à fait normal de ne pas se souvenir de tout.
Des paroles.
Des explications.
Des gestes posés sur nous.
« Chaque minute compte »
Tout va très vite.
À ce moment-là, il n’y a qu’une chose à faire : faire confiance.
Vous êtes entre bonnes mains.
Sur le moment, je ne savais pas ce qu’étaient un STEMI ou un NSTEMI.
Ces mots n’avaient aucun sens pour moi.
Ce que je savais, en revanche, c’est que quelque chose de grave était en train de se produire.
Quelque chose qui m’échappait, mais qui exigeait d’agir.
La médecine a ses termes précis, nécessaires, essentiels.
Le patient, lui, vit une crise cardiaque.
C’est le mot qu’on entend.
C’est celui qui fait peur.
Et c’est celui qui reste.
Je ne me rappelle que vaguement être arrivé à l’urgence.
J’y serais resté quelques minutes à peine.
Le temps qu’on me prenne des prises de sangLe sang est composé de globules rouges, de globules blancs, de plaquettes et de plasma. Les globules rouges sont responsables du transport de l’oxygène et du dioxyde de carbone. Les globules blancs constituent notre système de défense >>.
Puis, presque aussitôt, je me retrouve dans une pièce aux allures de salle d’opération.
« On sait que c’est du sérieux »
À ce moment-là, je comprends que ce qui se passe est sérieux.
Et que l’on ne perd plus de temps.
On m’expliquera plus tard qu’une artère de mon cœur s’est obstruée.
Un petit caillot sanguin, formé sur une plaque de cholestérolLe cholestérol est essentiel au bon fonctionnement du corps humain, mais il peut aussi avoir des effets néfastes s’il est présent en excès. fissurée, ne laissait presque plus d’espace à l’oxygène pour atteindre le cœur.
Il fallait ouvrir rapidement le passage, pour limiter les dommages au muscle cardiaque — voire les éviter.
Je suis donc dans cette salle, allongé, pendant que tout le monde s’affaire autour de moi.
On me demande régulièrement comment je me sens, si la douleur est toujours présente, si elle est aussi intense.
Je sais qu’on m’administre des médicaments par les veines.
Puis, soudainement — presque comme par magie — la douleur disparaît presque complètement.
« Soulagement, enfin »
Rassuré, j’ai dû m’endormir.
Quand je me réveille, on me dit que c’est terminé.
Que la procédure s’est bien déroulée.
Je peux vous dire que, peu importe les termes utilisés pour m’expliquer ce qu’ils ont fait, moi, je n’ai qu’une seule pensée en tête : ils m’ont sauvé la vie.
« Après l’urgence, la réalité »
Mais tout ne s’arrête pas là.
J’arrive aux soins intensifs.
La surveillance est étroite.
Des électrodes sur la poitrine, reliées à un moniteur cardiaque.
Chaque battement est observé, analysé, enregistré.
Même lorsque l’urgence est passée, même lorsque les médecins disent que le cœur va mieux, la mémoire, elle, n’oublie pas.
La crise cardiaque laisse une empreinte qui dépasse largement le muscle cardiaque.
C’est là que tout commence.
La prise de conscience.
L’impact de l’événement sur ma vie.
Pas seulement pour les prochains jours…
On parle de semaines, parfois bien plus.
Une fois la bousculade passée, une fois le calme revenu, tout bascule.
« La nuit des questions »
On se retrouve seul dans cette pièce, avec ses pensées.
J’ai très peu dormi la première nuit.
Je refais le fil des événements, encore et encore.
Je me souviens de l’état d’euphorie ressenti à la sortie de cette salle froide.
Mais maintenant, dans le silence de la nuit, les pensées négatives se multiplient.
Pourquoi moi ?
Que vais-je devenir ?
Mon travail… ma vie de couple… mon entraînement ?
C’est beaucoup à absorber en même temps, surtout pour un type cartésien comme moi.
Cette mauvaise habitude de vouloir tout comprendre, tout contrôler, tout calculer.
Là, soudainement, c’est la page blanche.
Évidemment, on m’a donné beaucoup d’explications pendant mon séjour à l’hôpital.
Le mot-clé revient souvent : le temps.
La convalescence.
« Physiquement, je me sens bien »
Le problème, c’est que physiquement, je vais très bien.
J’ai même parfois l’impression de prendre la place de quelqu’un de plus malade que moi.
Comme si ce n’était plus nécessaire d’être là.
Un cardiologue est venu m’expliquer la situation avec une image qui m’a marqué.
— Monsieur Robert, votre cœur a besoin de repos.
Si vous vous étiez cassé une jambe, elle serait dans un plâtre. Ce serait visible.
Dans votre cas, le cœur s’est “cassé”, mais on ne peut pas le mettre dans le plâtre.
Alors, c’est tout le patient qu’on doit mettre au repos, pour permettre au cœur de guérir, avec le moins de conséquences possible.
À ce moment-là, j’ai compris.
Même si ça ne se voit pas, quelque chose en moi avait été profondément atteint.
Et la guérison ne faisait que commencer.
Mon séjour à l’hôpital tirait à sa fin.
Le personnel a été extrêmement gentil avec moi.
J’ai été choyé, bien malgré moi.
Une chose est indéniable :
les connaissances médicales et la technologie avancent à pas de géant.
« Derrière chaque patient il y a un humain »
Mais parfois, je me suis demandé :
a-t-on oublié le patient ?
L’humain ?
Cette petite boule d’émotions qu’on rapporte avec soi ?
Les questions restent là, en suspens :
— Est-ce que ça peut revenir ?
— Ce petit malaise, est-ce que c’est sérieux ?
« Parler, c’est aussi se soigner »
Il faut se rappeler qu’il n’y a pas de mauvaise question.
Il n’y a pas de question inutile.
Si quelque chose inquiète ou dérange, il faut en parler.
Garder ces interrogations pour soi n’aide pas.
Avec le temps, elles ont plutôt tendance à se transformer en inquiétudes.
Et comme certaines questions peuvent facilement être oubliées lors de la visite du médecin à la chambre, il devient utile de les écrire sur un bout de papier et de le garder à portée de main.
Le personnel médical est là pour aider.
Encore faut-il oser dire ce qui nous préoccupe.
« Des ressources pour avancer »
On nous parle aussi des différentes ressources de soutien offertes :
par exemple, l’aide à la cessation tabagique, ou encore les programmes de réadaptation cardiovasculaire.
Ces programmes regroupent plusieurs aspects essentiels :
l’alimentation, le maintien ou la perte de poids,
et bien sûr, la reprise graduelle de l’activité physique.
À lire: Saines habitudes de vie
« La médication, un incontournable »
Et puis, il faut se faire à l’idée qu’avec un événement comme celui-là vient aussi une liste de médicaments à prendre.
Ce n’est pas toujours facile à accepter, surtout pour ceux qui n’aiment pas l’idée de dépendre d’une pilule.
Mais il en va de notre santé et de notre protection contre certaines complications.
Je pense ici, entre autres, à la bonne guérison du stent — ce petit ressort de métal placé dans l’artère qui s’est obstruée ce fameux jour.
« Retour à la vie »
Oui, on s’en sort.
Oui, on reprend sa vie.
Avec, au début, une hypervigilance constante.
La moindre sensation est analysée, interprétée, amplifiée.
Et puis, avec le temps, la mémoire — cette faculté étonnante — commence doucement à oublier.
Les premiers jours à la maison sont marqués par une prise de conscience très forte.
Cette impression de devoir rester à l’écoute de chaque signal.
Cette remise en question permanente au moindre inconfort.
Les bonnes habitudes de vie prennent alors toute la place.
On est motivé.
Convaincu.
Déterminé.
Mais cette fameuse petite boule d’émotions a parfois la mauvaise habitude d’enfiler ses vieilles pantoufles.
Et, petit à petit, certains mauvais plis refont surface.
Ce n’est pas facile d’être humain.
« Ne plus faire semblant »
Ce n’est qu’un an plus tard que j’ai vraiment compris.
J’ai commencé à ressentir quelques malaises, sans effort particulier.
Une fatigueCette sensation d’être fatigué s’exprime d’une manière variable d’une personne à l’autre, malgré des conditions physiques ou un état de santé similaires. >> persistante.
Un manque d’énergie qui ne me ressemblait pas.
J’ai consulté mon médecin.
Il m’a recommandé de refaire un examen pour vérifier l’état de mes artères : une coronarographie.
Le résultat est tombé.
Aucune nouvelle obstruction.
Aucune artère bouchée.
Fausse alerte.
Cette crainte pour ma santé m’a ramené face à certaines habitudes que j’avais peu à peu reprises… et que j’ai de nouveau laissées tomber.
Cette deuxième prise de conscience a été déterminante.
J’ai compris une chose essentielle :
j’ai la maladie des artères coronairesLes deux artères coronaires, la droite et la gauche, forment le réseau sanguin qui alimente le cœur en oxygène et en nutriments. Elles sont situées directement à la surface du cœur et se ramifient en branches qui >>.
Elle fait maintenant partie de moi, pour le reste de mes jours — nombreux, souhaitons-le.
« Ce qu’il faut retenir »
Et c’est précisément ce que je veux transmettre ici.
Ce que je retiens de cette expérience de vie, c’est que nous avons une part de responsabilité dans la préservation de notre santé.
Nous avons des choix à faire.
Des ajustements à accepter.
Certains n’ont malheureusement pas cette possibilité.
Quand on l’a, il faut la prendre.
L’embrasser.
Pour soi, bien sûr, mais aussi pour ceux qui nous sont chers.
Pourquoi attendre ?
Les éléments de prévention de la maladie des artères coronairesLes deux artères coronaires, la droite et la gauche, forment le réseau sanguin qui alimente le cœur en oxygène et en nutriments. Elles sont situées directement à la surface du cœur et se ramifient en branches qui >> sont connus.
Ils sont accessibles.
Il ne reste qu’à faire le pas.
Et à s’y mettre.
Vraiment.






















