Communication interauriculaire (CIA)

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Le cœur est divisé en quatre chambres distinctes, séparées par des parois étanches appelées septums, et des valves qui dirigent le sang dans la bonne direction.

On peut le comparer à une maison avec plusieurs pièces, et des portes qui permettent de passer de l’une à l’autre.

Un petit trou à l’intérieur du cœur

La communication interauriculaire, souvent abrégée « CIA », correspond à une ouverture anormale dans la paroi qui sépare les deux cavités supérieures du cœur : les oreillettes.

Lorsqu’une communication interauriculaire est présente, son importance peut varier. Sa taille, sa forme et sa localisation dans la cloison interauriculaire diffèrent selon les cas.

Une anomalie présente dès la naissance

La CIA est une anomalie congénitale, c’est-à-dire présente dès la naissance.

Au cours des premières semaines du développement embryonnaire, le cœur se forme progressivement. À l’origine, il n’existe qu’une seule oreillette primitive, qui se divise ensuite en deux cavités distinctes : l’oreillette droite et l’oreillette gauche.

Cette séparation se fait par la formation d’une cloison appelée septum interauriculaire.

La mise en place de ce septum se déroule en plusieurs étapes. Si l’une d’elles est incomplète ou perturbée, une ouverture peut persister entre les deux oreillettes.

C’est pourquoi il existe différents types de communication interauriculaire.

À ne pas confondre avec le foramen ovale perméable

Il est important de distinguer ces véritables « anomalies de construction » du septum interauriculaire d’un autre phénomène : le défaut de fermeture d’une ouverture qui est, elle, normale pendant la vie fœtale.

Chez le fœtus, une communication naturelle existe entre les deux oreillettes. Après la naissance, cette ouverture se ferme habituellement de façon spontanée.

Lorsqu’elle demeure partiellement ouverte, on parle alors de foramen ovale perméable (FOP).

À lire : Le foramen ovale perméable

Qu’est-ce que cela implique exactement ?

À la naissance, la circulation sanguine suit un trajet bien organisé à travers les vaisseaux, le cœur et les poumons.
Le sang progresse dans une seule direction, sans retour en arrière.

La présence d’une communication interauriculaire modifie ce parcours normal.

L’ouverture entre les deux oreillettes crée un passage supplémentaire à l’intérieur même de la pompe cardiaque : le sang peut alors circuler d’une oreillette à l’autre.

Comme la pression est normalement plus élevée dans l’oreillette gauche que dans l’oreillette droite, une partie du sang oxygéné provenant des poumons est déviée vers la droite à travers la CIA.

Ce sang déjà oxygéné s’ajoute au sang veineux présent dans l’oreillette droite.

Une surcharge progressive

Ce volume additionnel entraîne un travail supplémentaire pour les cavités droites du cœur.

Selon l’importance de la communication et la quantité de sang qui « refait » inutilement le circuit pulmonaire, l’oreillette droite et le ventricule droit peuvent se dilater progressivement.

Autrement dit, plus le court-circuit est important, plus le cœur droit doit travailler.

Quels sont les symptômes possibles ?

La communication interauriculaire est présente dès la naissance. Toutefois, elle demeure le plus souvent silencieuse pendant de nombreuses années.

Lorsque l’ouverture est très petite, elle peut ne jamais provoquer de symptôme.

Si la communication est plus large, il existe généralement une longue période sans manifestation clinique. Les signes peuvent apparaître progressivement, parfois seulement à l’âge adulte, voire après 40 ans.

Parmi les manifestations possibles, on retrouve :

  • une fatigue inhabituelle
  • des palpitations
  • une diminution de la tolérance à l’effort
  • un essoufflement
  • une enflure des jambes

 

L’intensité et le moment d’apparition des symptômes dépendent principalement de la taille de l’ouverture et de la charge imposée au cœur droit au fil des années.

Découverte à l’examen et confirmation du diagnostic

Dans plusieurs cas, la communication interauriculaire est découverte lors d’un examen médical de routine.

À l’auscultation du cœur, le professionnel de la santé peut percevoir un souffle cardiaque, généralement lié à l’augmentation du débit sanguin dans les cavités droites plutôt qu’au passage direct du sang à travers l’ouverture.

À lire : Souffle au cœur

Cette constatation conduit habituellement à la réalisation d’un échocardiogramme, qui constitue l’examen de référence pour confirmer le diagnostic. Il permet de visualiser l’ouverture entre les deux oreillettes, d’en mesurer la taille, d’analyser la direction du flux sanguin et d’évaluer ses répercussions sur le cœur droit.

Il arrive également que la communication interauriculaire soit découverte de façon fortuite, lors d’un échocardiogramme demandé pour une tout autre raison.

L’imagerie par résonance magnétique cardiaque

Dans certaines situations, une imagerie par résonance magnétique (IRM) cardiaque peut être demandée.

Cet examen permet d’obtenir des informations complémentaires, en particulier sur l’anatomie des veines pulmonaires, c’est-à-dire les vaisseaux qui ramènent le sang oxygéné des poumons vers l’oreillette gauche.

Dans certains types de communication interauriculaire, ces veines peuvent présenter une implantation anormale, ce qui influence la prise en charge.

Le cathétérisme cardiaque : pour mesurer l’impact réel

Grâce aux progrès de l’échocardiographie et de l’IRM cardiaque, le cathétérisme n’est aujourd’hui plus utilisé pour poser le diagnostic d’une communication interauriculaire.

Il peut toutefois être proposé dans certaines situations particulières afin d’évaluer plus précisément les conséquences de la CIA sur le fonctionnement du cœur, notamment sur les cavités droites.

Lorsque les examens d’imagerie ne permettent pas d’évaluer avec certitude l’importance du passage anormal de sang et son impact réel sur le cœur droit, le cathétérisme peut être utilisé pour mesurer directement les pressions dans les cavités cardiaques et dans les artères pulmonaires.

Ces mesures permettent de déterminer si la surcharge imposée au cœur droit est significative et si une fermeture de la communication est justifiée.

Que doit-on faire en présence d’une CIA ?

La prise en charge d’une communication interauriculaire dépend principalement de sa taille et de ses répercussions sur le cœur, en particulier sur l’oreillette droite et le ventricule droit.

  • Aucune intervention nécessaire dans plusieurs situations
    En l’absence de symptômes et lorsque les cavités droites ne montrent pas de dilatation, il n’est généralement pas nécessaire d’intervenir.

 

Une surveillance périodique est alors suffisante. Les personnes concernées peuvent mener une vie normale, incluant la pratique d’activités physiques adaptées et, chez la femme, la possibilité d’une grossesse lorsque l’évaluation médicale est rassurante.

 

  • Une fermeture peut être indiquée lorsque la CIA a un impact sur le cœur
    Une intervention peut être recommandée en présence de symptômes attribuables à la CIA ou lorsque l’évaluation cardiologique met en évidence une dilatation des cavités droites, signe que la communication entraîne des répercussions sur la fonction cardiaque.

Deux types de procédures

Selon la position et la taille de l’orifice, deux approches sont possibles : une chirurgie à cœur ouvert ou une intervention percutanée, réalisée à l’aide de cathéters.

Les CIA situées au centre de la cloison interauriculaire, appelées ostium secundum, représentent la forme la plus fréquente de cette anomalie congénitale.

Chez l’adulte, la majorité des CIA de type ostium secundum peuvent être fermées par voie percutanée, c’est-à-dire sans chirurgie ouverte.

À lire : Fermeture de CIA percutanée

En revanche, certaines CIA de type ostium secundum, lorsque leur taille ou leur localisation ne permet pas une fermeture par cathéter, nécessitent une intervention chirurgicale.

Les autres formes de communication interauriculaire, appelées ostium primum et sinus venosus, doivent généralement être corrigées par chirurgie en raison de leur emplacement dans la cloison ou de particularités anatomiques associées.

Environ 30 à 40 % des CIA nécessitant une fermeture sont traitées par voie chirurgicale.

À lire : Fermeture de CIA chirurgicale

En résumé

La communication interauriculaire est une anomalie congénitale caractérisée par une ouverture entre les deux oreillettes du cœur.

Souvent silencieuse pendant de nombreuses années, elle peut passer inaperçue jusqu’à l’âge adulte. Son importance dépend principalement de la quantité de sang qui circule anormalement vers le cœur droit et du travail supplémentaire que cela lui impose au fil du temps.

Lorsque l’ouverture est petite et sans conséquence sur les cavités droites, une simple surveillance est suffisante. En revanche, si une dilatation du cœur droit ou des symptômes apparaissent, une fermeture peut être recommandée.

Grâce aux techniques modernes, plusieurs communications interauriculaires peuvent être corrigées par voie percutanée, sans chirurgie ouverte. Dans d’autres cas, une intervention chirurgicale demeure nécessaire.

Un suivi cardiologique adapté permet d’assurer une prise en charge appropriée et d’éviter les complications à long terme.