Épisode 20 – Dr Russell Ross : Le dynamisme de la plaque d’athérome
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En introduction à cet article, il faut se rappeler qu’au milieu du XXe siècle, on savait déjà que la plaque d’athérome était responsable de l’obstruction des artères coronairesLes deux artères coronaires, la droite et la gauche, forment le réseau sanguin qui alimente le cœur en oxygène et en nutriments. Elles sont situées directement à la surface du cœur et se ramifient en branches qui >> et que sa rupture pouvait provoquer une crise cardiaque.
À cette époque, deux grandes approches thérapeutiques voient le jour.
La première consiste à écraser la plaque afin de rouvrir l’artère, alors que la seconde vise à contourner l’obstruction à l’aide de pontages coronariens.
Avec le temps, il devient toutefois évident que ces traitements ne guérissent pas la maladie elle-même. Ils permettent surtout de soulager les symptômes liés aux obstructions, mais la maladie athéroscléreuse demeure toujours présente. Le risque d’événements cardiovasculaires aigus persiste donc malgré ces interventions.
Rien, à cette époque, ne répond véritablement à la question fondamentale : pourquoi ces plaques se forment-elles?
L’athérome demeure alors un phénomène encore mal expliqué.
Deux grandes hypothèses s’opposent :
- l’une attribue sa formation à une accumulation progressive de cholestérolLe cholestérol est essentiel au bon fonctionnement du corps humain, mais il peut aussi avoir des effets néfastes s’il est présent en excès. dans la paroi des artères
- l’autre met plutôt en cause un processus inflammatoire
Un chercheur fasciné par la réparation des tissus
Au XIXe siècle, les premières observations anatomiques permettent d’établir un lien entre les artères coronairesLes deux artères coronaires, la droite et la gauche, forment le réseau sanguin qui alimente le cœur en oxygène et en nutriments. Elles sont situées directement à la surface du cœur et se ramifient en branches qui >> et certaines morts subites.
Les autopsies révèlent la présence de lésions et d’obstructions chez des patients ayant souffert de douleurs thoraciques. Progressivement, l’idée s’impose que le cœur peut être atteint par un manque d’apport sanguin.
Il rejoint ensuite le département de pathologie de l’Université de Washington, où il deviendra plus tard directeur du département.
La curiosité scientifique du Dr Ross s’est particulièrement intéressée aux mécanismes de guérison des plaies.
Ses recherches l’amènent à se poser une question fondamentale : un processus normalement utile à la guérison pourrait-il, dans certaines circonstances, devenir à l’origine d’une maladie?
Autrement dit, un mécanisme conçu pour réparer pourrait-il également devenir nuisible lorsqu’il est activé de façon inappropriée?
Une découverte qui transforme la cardiologie
Ses travaux mènent à une découverte majeure.
Les cellules impliquées dans la guérison des tissus sont également retrouvées autour des plaques d’athérome.
À partir de cette observation, le Dr Ross développe une hypothèse révolutionnaire : la plaque d’athérome représenterait en réalité une réponse inflammatoire de la paroi artérielle à l’accumulation de cholestérolLe cholestérol est essentiel au bon fonctionnement du corps humain, mais il peut aussi avoir des effets néfastes s’il est présent en excès..
Cette découverte permet enfin de réconcilier les deux grandes hypothèses jusque-là opposées.
Les défenseurs de la théorie lipidique avaient en partie raison, tout comme ceux qui soutenaient le rôle central de l’inflammation.
L’accumulation de cholestérolLe cholestérol est essentiel au bon fonctionnement du corps humain, mais il peut aussi avoir des effets néfastes s’il est présent en excès. devient le déclencheur de la réaction inflammatoire, et l’ensemble de ce processus conduit progressivement à la formation et à l’évolution de la plaque d’athérome.
Une maladie dynamique et instable
Cette nouvelle compréhension allait transformer la cardiologie moderne.
L’athérosclérose n’était plus perçue comme un simple dépôt passif de cholestérolLe cholestérol est essentiel au bon fonctionnement du corps humain, mais il peut aussi avoir des effets néfastes s’il est présent en excès., mais comme une maladie dynamique, active et évolutive.
On comprenait désormais qu’une plaque pouvait demeurer stable pendant des années, puis devenir soudainement instable et se rompre.
Lorsqu’une rupture survient, le contenu de la plaque entre en contact avec le sangLe sang est composé de globules rouges, de globules blancs, de plaquettes et de plasma. Les globules rouges sont responsables du transport de l’oxygène et du dioxyde de carbone. Les globules blancs constituent notre système de défense >> circulant, ce qui déclenche immédiatement le processus de coagulation.
Un caillot — appelé thrombus — peut alors se former rapidement et obstruer partiellement ou complètement l’artère coronaireLes deux artères coronaires, la droite et la gauche, forment le réseau sanguin qui alimente le cœur en oxygène et en nutriments. Elles sont situées directement à la surface du cœur et se ramifient en branches qui >>.
C’est ce mécanisme qui provoque la majorité des infarctus du myocarde.
Le véritable ennemi venait enfin d’être identifié.
Un héritage durable
Les travaux du Dr Russell Ross ont profondément influencé la compréhension moderne des maladies cardiovasculaires.
Ils ont également ouvert la voie au développement de nouvelles stratégies thérapeutiques visant non seulement à traiter les obstructions, mais aussi à stabiliser la plaque d’athérome et à réduire l’inflammation vasculaire.
Le Dr Russell Ross est décédé le 18 mars 1999 à Seattle, dans l’État de Washington.








