FOP – Foramen ovale perméable

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Le Foramen Ovale Perméable ou FOP est une ouverture entre les oreillettes droite et gauche du cœur. Cette communication interauriculaire est communément appelée CIA. Il s’agit d’un vestige de la vie fœtale, présent chez environ 25 % de la population.

Le cœur humain

Le cœur est divisé en quatre chambres distinctes, séparées par des parois étanches appelées septums, et des valves qui dirigent le sang dans la bonne direction.

On peut le comparer à une maison avec plusieurs pièces, et des portes qui permettent de passer de l’une à l’autre.

Développement du cœur

Le cœur commence à se former dès les premières semaines de vie embryonnaire. Au départ, il ressemble à un simple tube, avec des zones plus étroites et d’autres plus élargies.

Il comprend alors une seule oreillette (appelée oreillette primitive) et un seul ventricule (ventricule primitif).

Formation du septum interauriculaire

Avec le temps, l’oreillette primitive se divise en deux : l’oreillette droite et l’oreillette gauche. Cette séparation se fait par la formation d’un mur appelé septum interauriculaire.

Ce septum ne se forme pas d’un seul coup, mais en deux étapes, créant ainsi deux couches distinctes.

Deux épaisseurs

La première épaisseur se forme avec une ouverture en son centre. Puis une deuxième épaisseur apparaît, avec sa propre ouverture. Celle-ci n’est pas alignée avec la première, mais située plus bas. Elle a une forme ovale, d’où son nom : foramen ovale.

Chez le fœtus, ces deux couches ne sont pas complètement soudées. Cela permet au sang de circuler librement entre les deux oreillettes.

Une communication normale chez le fœtus

Pendant la vie fœtale, cette communication entre les deux oreillettes est tout à fait normale. Elle permet au sang de contourner les poumons, qui ne sont pas encore fonctionnels à ce stade. Seule une petite quantité de sang s’y rend, suffisante pour assurer leur bon développement.

Les échanges respiratoires ne se font pas par les poumons, mais plutôt par le placenta. C’est là que l’oxygène est capté et que les déchets sont éliminés.

La majorité du sang qui entre dans l’oreillette droite traverse vers l’oreillette gauche en empruntant d’abord une première ouverture (l’ostium secundum), puis passe entre les deux épaisseurs du septum, pour ressortir dans l’oreillette gauche par le foramen ovale. Ce sang est ensuite propulsé par le ventricule gauche vers l’ensemble du corps, pour soutenir le développement du fœtus.

À lire : Développement des oreillettes>>

À la naissance, la communication se referme

À la naissance, les poumons se déploient et commencent à fonctionner. Le sang peut enfin y circuler librement pour aller capter l’oxygène. Comme cette circulation devient plus facile, la pression dans l’oreillette droite diminue naturellement.

La pression devient alors plus élevée dans l’oreillette gauche que sa voisine. Cette différence pousse les deux parois du septum à se coller l’une contre l’autre, refermant ainsi le « tunnel » temporaire entre les deux oreillettes.

Selon certaines études, environ 75 % des communications interauriculaires normales du fœtus se referment complètement durant les premiers mois de vie. Quand ce n’est pas le cas, on parle de foramen ovale perméable (FOP).

Qu’est-ce que ça implique exactement ?

Après la naissance, la circulation du sang suit un trajet bien défini à travers le cœur, les poumons et les vaisseaux, sans retour en arrière. Mais lorsqu’un foramen ovale perméable (FOP) est présent, une petite ouverture entre les deux oreillettes reste accessible. Cela signifie qu’une portion du sang peut encore passer d’une oreillette à l’autre.

Ce passage reste minime et, dans la majorité des cas, n’entraîne aucune conséquence sur le fonctionnement du cœur.

Cependant, un passage inverse est aussi possible : le sang peut parfois aller de l’oreillette droite vers la gauche. C’est ce que l’on appelle un shunt paradoxal, puisqu’il va à l’encontre du sens habituel.

Embolie paradoxale

Quand un petit caillot traverse le foramen ovale perméable (FOP) et atteint le côté gauche du cœur, il peut ensuite être propulsé dans la circulation artérielle.

Si ce caillot suit le chemin des artères qui alimentent le cerveau, il peut bloquer un vaisseau et provoquer une ischémie cérébrale transitoire (ICT), ou dans les cas plus graves, un accident vasculaire cérébral (AVC).

Ce type d’embolie est qualifié de paradoxale parce que le caillot vient du côté droit du cœur, mais emprunte un passage inhabituel vers la gauche, contournant ainsi les poumons qui auraient normalement pu le filtrer. Ce phénomène reste rare, mais ses conséquences peuvent être importantes.

Quels sont les symptômes possibles ?

On estime qu’environ une personne sur quatre a un FOP. Dans la grande majorité des cas, cette particularité anatomique ne provoque aucun symptôme.

Certains chercheurs ont noté un lien possible entre la présence d’un FOP et des migraines, mais ce lien reste mal compris et n’est pas prouvé. En réalité, les seuls symptômes potentiellement associés à un FOP sont d’origine neurologique, et ils surviennent généralement à la suite d’un AVC ou d’un ICT.

Quand un événement de ce type se produit, plusieurs examens sont réalisés pour en déterminer la cause. Si aucune explication évidente n’est trouvée et qu’un FOP est présent, on peut en soupçonner l’implication.

Il faut savoir que chez les personnes ayant subi un AVC ou un ICT sans cause identifiée, environ la moitié présentent un FOP. Cela soulève la possibilité d’un lien… mais l’autre moitié de ces patients n’en ont pas, ce qui complique les conclusions.

C’est donc un diagnostic par élimination, particulièrement envisagé chez les personnes de moins de 50 ans en bonne santé, pour qui aucune autre cause d’AVC n’a été trouvée.

Comment peut-on détecter un foramen ovale perméable (FOP) ?

Contrairement à certaines malformations congénitales du cœur, comme une véritable communication interauriculaire (CIA), un FOP ne provoque pas de souffle détectable à l’auscultation. Il passe donc souvent inaperçu.

Souvent, il est découvert par hasard, lors d’une échographie cardiaque réalisée pour une autre raison. Et même dans ce contexte, il ne sera visible que si on le recherche spécifiquement.

Une astuce avec des microbulles

Les spécialistes en échocardiographie ont une technique bien rodée pour repérer un FOP : ils utilisent des microbulles.

Le principe est simple à comprendre : imaginez que vous secouez une bouteille d’eau… elle devient trouble à cause de toutes petites bulles. Les médecins reproduisent ce phénomène en injectant un mélange d’eau saline et d’air dans une veine du bras. Ce mélange, injecté doucement, génère de minuscules bulles visibles à l’échographie.

Chez une personne sans FOP, ces bulles vont vers les poumons, où elles sont filtrées naturellement. Elles ne devraient jamais apparaître dans le côté gauche du cœur.

Mais si des microbulles apparaissent dans l’oreillette gauche peu de temps après l’injection, cela signifie qu’elles ont traversé le septum interauriculaire, preuve de la présence d’un FOP.

L’échocardiographie transœsophagienne : un examen plus précis

L’échocardiographie transthoracique (ETT) – faite en plaçant une sonde sur la poitrine – est utile, mais pas toujours assez précise pour détecter un FOP, surtout s’il est petit ou si les images obtenues ne sont pas optimales.

Pour mieux voir, on peut avoir recours à une échocardiographie transœsophagienne (ETO). Dans ce cas, la sonde est insérée dans l’œsophage, un peu comme pour une gastroscopie. Cela permet de rapprocher la sonde du cœur et d’obtenir des images beaucoup plus détaillées.

Grâce à l’ETO, il est possible de confirmer la présence d’un FOP et de mieux comprendre sa forme ou sa taille. L’examen est généralement bien toléré et réalisé sous sédation légère.

À lire : Échocardiographie transœsophagienne (ETO)

Que doit-on faire en présence d'un FOP?

Découvrir un foramen ovale perméable (FOP) soulève souvent une question importante : faut-il intervenir ou non ? La réponse dépend du contexte.

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-En l’absence de symptômes

S’il n’y a aucun symptôme ni événement neurologique (comme un AVC ou un ICT), aucun traitement n’est nécessaire. Beaucoup de gens vivent toute leur vie avec un FOP sans jamais s’en rendre compte… et sans aucun problème.

 

-En présence d’un AVC ou d’un ICT

Les choses se compliquent lorsqu’un FOP est détecté après un accident vasculaire cérébral (AVC) ou un épisode d’ischémie cérébrale transitoire (ICT), surtout chez les personnes de moins de 60 ans.

Dans ce contexte, un traitement visant à réduire le risque de formation de caillots est souvent proposé. Il peut s’agir :

  • d’un antiplaquettaire (comme l’aspirine),
  • ou d’un anticoagulant (comme le coumadin ou les anticoagulants oraux directs, appelés NACO).

Peut-on vivre normalement avec un FOP ?

Oui. Dans la très grande majorité des cas, les personnes ayant un FOP peuvent mener une vie parfaitement normale, incluant la pratique d’activités sportives, les voyages et, chez les femmes, la grossesse.

Faut-il prendre des antibiotiques avant des soins dentaires ou chirurgicaux ?

Non. Contrairement à certaines autres affections cardiaques, le FOP ne nécessite pas de traitement antibiotique préventif avant des interventions. Une bonne hygiène dentaire est cependant toujours recommandée.

À lire : La prévention de l’endocardite

La fermeture du FOP : une décision partagée

La possibilité de fermer le FOP est parfois envisagée, surtout chez les jeunes ayant fait un AVC sans autre cause apparente. Cette décision se prend en concertation avec un neurologue et un cardiologue spécialisé.

L’intervention proposée est non chirurgicale et permet de refermer le FOP à l’aide d’un petit dispositif inséré par cathéter.

Avant l’intervention, le patient est rencontré pour discuter de la procédure, des bénéfices attendus et des risques potentiels. Ce choix est toujours personnalisé, en fonction de l’état de santé et des antécédents médicaux.

À lire : Fermeture percutanée du FOP