La clinique des cardiostimulateurs et des défibrillateurs

  1. Accueil
  2. »
  3. Général
  4. »
  5. La clinique des cardiostimulateurs et des défibrillateurs

L’implantation d’un cardiostimulateur (souvent appelé pacemaker) ou d’un défibrillateur cardiaque nécessite une prise en charge à long terme afin d’assurer le bon fonctionnement de l’appareil implanté et de l’ensemble de ses composantes.

Organisation de la clinique

Les cliniques dédiées au suivi des appareils de stimulation et de défibrillation sont situées dans des hôpitaux ou, dans certains cas, dans des cabinets médicaux spécialisés.

Elles sont supervisées par des cardiologues ou par d’autres professionnels de la santé ayant reçu une formation spécifique, et appuyées par des technologues spécialisés dans ce domaine.

Rôle de la clinique

La mission principale de ces cliniques est d’assurer un suivi régulier des personnes porteuses d’un dispositif cardiaque implantable. Selon le type d’appareil, des évaluations périodiques — le plus souvent tous les 3 à 6 mois — permettent de vérifier :

  • l’état de la batterie,
  • l’intégrité des fils placés dans le cœur et reliés au boîtier,
  • la présence éventuelle d’arythmies (troubles du rythme cardiaque),
  • ainsi que les paramètres techniques pouvant influencer le fonctionnement optimal du système.

Un complément au suivi cardiologique

La clinique de suivi cardiostimulateurs et défibrillateurs ne remplace pas les consultations régulières en cardiologie ni le suivi assuré par le médecin traitant.

Compte tenu du nombre élevé de personnes suivies, les rencontres sont principalement centrées sur l’évaluation de l’appareil lui-même.

Les autres aspects de la santé cardiovasculaire doivent être abordés lors des visites habituelles en cardiologie ou avec le professionnel responsable du suivi médical global.

Prise de rendez-vous

Le tout fonctionne sur rendez-vous afin d’assurer une organisation efficace et sécuritaire.

Un premier rendez-vous est généralement planifié au moment de l’implantation pour organiser le suivi post-opératoire. Par la suite, lors des contrôles réguliers, la clinique communique directement avec la personne suivie afin de fixer la date et l’heure de la prochaine évaluation.

Comment se fait le suivi

L’évaluation peut être réalisé en personne ou à distance, selon le type d’appareil implanté.

Les modèles plus récents permettent de diminuer le nombre de visites en clinique grâce à la télésurveillance, offrant un accès plus rapide aux données du dispositif en cas de problème potentiel.

1️⃣ Suivi en personne

Lors d’une première visite dans une nouvelle clinique, il est recommandé d’apporter la carte d’identification du dispositif, qui contient des informations importantes sur la marque et le modèle du système implanté.

Pour chaque rencontre, il est également conseillé d’avoir en main la liste des médicaments utilisés, afin de faciliter l’évaluation au besoin.

Pendant le suivi, une petite sonde est placée sur la région où se trouve le cardiostimulateur ou défibrillateur. Elle permet d’établir une communication entre le dispositif implanté et un appareil d’interrogation (un petit ordinateur). Le médecin ou le technologue peut alors accéder aux données techniques nécessaires pour vérifier le bon fonctionnement du système de stimulation ou de défibrillation.

Pour chaque rencontre, il est également conseillé d’avoir en main la liste des médicaments utilisés, afin de faciliter l’évaluation au besoin.

Cette procédure est simple, indolore et dure généralement entre 5 et 10 minutes.

-De légères palpitations peuvent survenir

Lors de l’interrogation, certains tests peuvent provoquer de brèves sensations de battements plus rapides ou plus lents. Il s’agit d’un phénomène normal, utilisé pour évaluer le fonctionnement de l’appareil et de ses composantes électriques.

Un court questionnaire peut aussi être complété afin de documenter certains éléments importants, notamment :

  • la présence de symptômes récents,
  • un épisode de perte de conscience,
  • la perception de palpitations.

2️⃣ Suivi à distance

Les avancées technologiques permettent désormais d’effectuer une partie importante du suivi directement à domicile.

Un appareil de transmission, remis lors de l’implantation ou à la première visite en clinique, envoie les données de l’appareil implanté vers l’équipe de suivi. Grâce à ces systèmes, les visites en personne deviennent moins fréquentes, souvent espacées aux 12 à 24 mois plutôt qu’aux 3 à 6 mois.

Le personnel de la clinique a accès aux mêmes informations techniques que lors d’une interrogation réalisée sur place. Les tests sont effectués automatiquement, souvent durant la nuit, ce qui les rend généralement imperceptibles.

Si un problème potentiel est détecté, la clinique communique avec la personne suivie — habituellement durant les heures ouvrables — afin de recueillir des informations supplémentaires ou d’organiser une évaluation en personne. Une reprogrammation de l’appareil, par exemple, ne peut être effectuée qu’en clinique.

Entre les suivis planifiés, le système peut également transmettre des alertes liées à des aspects techniques ou à la survenue d’arythmies, lorsque nécessaire.

Une communication toujours possible

Que le suivi soit effectué en personne ou à distance, il est important de contacter la clinique pour signaler toute information significative, comme une perte de conscience soudaine ou l’administration d’un traitement par choc électrique dans le cas d’un défibrillateur.

Les aspects évalués lors du suivi

A) Vérification complète des fonctions de l’appareil

L’analyse effectuée en clinique permet d’évaluer plusieurs éléments essentiels, notamment :

  • la durée de vie de la batterie,
  • l’état de la ou des électrodes (fils installés dans le cœur et reliés au boîtier),
  • la qualité de la communication entre le dispositif implanté et le muscle cardiaque,
  • le bon fonctionnement des circuits internes,
  • la présence éventuelle d’arythmies (troubles du rythme cardiaque).

 

Ces vérifications permettent de s’assurer que le système de stimulation ou de défibrillation fonctionne de façon stable et sécuritaire.

B) Ajustements techniques possibles

Selon les résultats obtenus, certains réglages peuvent être modifiés par le professionnel responsable du suivi. Ces ajustements visent à optimiser le fonctionnement du dispositif ou à prolonger la durée de vie de la batterie.

Tous les changements sont effectués sur place, puisqu’aucune reprogrammation n’est possible à distance.

C) Enregistrement de l’activité électrique du cœur

Les appareils conservent en mémoire l’activité électrique du cœur depuis la dernière évaluation. Ces données permettent d’identifier des événements pertinents, comme la survenue d’arythmies, qui peuvent être associées à des symptômes tels que des palpitations, des étourdissements ou des pertes de conscience.

Fin de la visite

Une fois l’évaluation complétée, le délai avant le prochain rendez-vous est précisé. Un rapport de suivi peut être transmis au médecin traitant, au besoin, afin d’assurer une prise en charge globale. La visite est ensuite terminée.

Informer un autre médecin

Il est possible de demander qu’une copie du résultat soit transmise à un autre médecin. Il suffit de fournir le nom et les coordonnées de ce professionnel au personnel concerné. Cette demande peut être faite en tout temps.

Mises à jour importantes

Il est recommandé d’informer la clinique de suivi de tout changement d’adresse ou de numéro de téléphone. Ces informations sont essentielles pour assurer la réception des convocations, des avis de suivi ou de communications importantes liées à l’appareil implanté.

Situations nécessitant une consultation rapide

Certaines situations justifient une évaluation sans délai. La clinique doit être avisée dans les cas suivants :

À la suite de l’implantation

  • fièvre persistante après l’intervention,
  • difficulté respiratoire qui s’aggrave progressivement,
  • modification inhabituelle au site d’implantation, notamment :
    • écoulement suspect ou saignement,
    • augmentation de volume ou apparition d’une bosse,
    • rougeur, chaleur ou douleur croissante.

 

À tout moment

  • perte de conscience soudaine,
  • choc électrique délivré par un défibrillateur,
  • signal sonore ou sensation de vibration provenant de l’appareil implanté,
  • petit choc électrique à l’endroit du dispositif implanté.

Que signifient les alertes sonores ou les sensations physiques liées à l’appareil ?

1️⃣ Alertes sonores ou vibrations

(Principalement observées avec les défibrillateurs implantables)

Certains appareils sont programmés pour émettre un signal sonore ou une vibration lorsqu’un événement particulier est détecté.

  • Indication d’un problème potentiel
    Un bip, une tonalité ou une vibration peut signaler une anomalie technique (par exemple une modification de l’état de la batterie, une connexion à vérifier ou un paramètre hors norme). Ces alertes incitent à contacter la clinique pour une vérification rapprochée de l’appareil.
  • Interférence électromagnétique
    Dans certains cas, une forte interférence magnétique peut déclencher temporairement une alerte. S’éloigner de la source suffit souvent à faire disparaître le signal. Une vérification demeure toutefois recommandée.

2️⃣ Bruits ou sensations physiques inhabituelles

(rares, généralement avec certains modèles ou appareils plus anciens)

  • Sensation de “tic-tac” ou de cliquetis
    Il peut s’agir de la perception mécanique de l’impulsion électrique générée par le dispositif lors de la stimulation du cœur. Cette sensation est parfois ressentie près de la poitrine, notamment à l’expiration.
  • Origine possible
    Ces perceptions peuvent provenir des électrodes (sondes) placées dans le cœur ou du boîtier lui-même lorsqu’il délivre une stimulation. Elles sont généralement bénignes, mais doivent être signalées à la clinique afin d’en confirmer l’origine.

3️⃣ Sensations électriques inhabituelles

De brèves sensations assimilées à de petits chocs électriques ressenties à proximité d’un pacemaker peuvent avoir plusieurs origines.
Elles peuvent être liées à :

  • de l’électricité statique,
  • des interférences électromagnétiques (téléphones, appareils électroniques),
  • un problème technique du dispositif ou des sondes,
  • ou des perceptions provenant du système nerveux.

 

Une évaluation médicale est alors indiquée afin de déterminer s’il s’agit d’un phénomène bénin ou d’un dysfonctionnement nécessitant une intervention.

En conclusion

Les cliniques de cardiostimulateurs et de défibrillateurs jouent un rôle central dans la prise en charge des dispositifs cardiaques implantables.

Grâce à un suivi structuré, en personne ou à distance, elles permettent d’assurer le bon fonctionnement des appareils, de détecter précocement des anomalies et d’adapter les réglages au fil du temps.

Ce suivi spécialisé s’inscrit en complément du suivi médical global et contribue à la sécurité et à la continuité des soins.