Épisode 16 – Création des Unités coronariennes
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Au cours des années 1950, la cardiologie et la chirurgie cardiaque connaissent des avancées déterminantes.
Les troubles graves du système électrique du cœur — responsables d’un ralentissement important ou d’un arrêt des battements — peuvent désormais être traités à l’aide de stimulateurs cardiaques externes. Les arythmies potentiellement mortelles peuvent, quant à elles, être corrigées par défibrillation.
Ces innovations sauvent des vies. Toutefois, un problème demeure : les complications ne surviennent pas uniquement pendant l’intervention chirurgicale.
Des complications possibles partout dans l’hôpital
Dans les heures ou les jours suivant une chirurgie cardiaque, des troubles du rythmeUn trouble du rythme ou avoir de l’arythmie, c’est avoir un problème avec le système électrique qui fait battre le cœur. Lire plus On trouve deux grandes catégories de problèmes : des troubles d’excitation et des troubles >> peuvent apparaître.
Les patients hospitalisés après un infarctus du myocarde présentent eux aussi un risque élevé d’arythmies soudaines.
À cela s’ajoutent les conséquences de la perte de force du muscle cardiaque. Lorsque la pompe cardiaque s’affaiblit, une insuffisance cardiaque peut se développer, compliquant davantage l’évolution clinique.
Le cœur demeure donc vulnérable, même après une intervention réussie.
Une réaction immédiate en salle d’opération
En salle d’opération, tout est en place pour intervenir rapidement.
Le personnel formé et l’équipement spécialisé sont déjà présents au chevet du patient.
Le délai entre la complication et l’intervention est minimal.
Cette rapidité améliore considérablement les chances de survie.
Un délai d’intervention plus long ailleurs dans l’hôpital
En revanche, une fois les patients répartis dans différentes unités de l’hôpital, la situation change.
Lorsqu’une complication survient — trouble du rythme grave, arrêt cardiaque ou détérioration rapide de la capacité du cœur à pomper efficacement le sangLe sang est composé de globules rouges, de globules blancs, de plaquettes et de plasma. Les globules rouges sont responsables du transport de l’oxygène et du dioxyde de carbone. Les globules blancs constituent notre système de défense >> — le temps nécessaire pour reconnaître le problème, alerter l’équipe et apporter l’équipement peut s’allonger.
Autrement dit, lorsque la circulation du sangLe sang est composé de globules rouges, de globules blancs, de plaquettes et de plasma. Les globules rouges sont responsables du transport de l’oxygène et du dioxyde de carbone. Les globules blancs constituent notre système de défense >> devient instable et que les organes ne sont plus suffisamment alimentés, chaque minute compte.
Dans certaines situations, ce délai peut malheureusement être fatal.
Réflexion du Dr Desmond Julian
Au début des années 1960, à Londres, le Dr Desmond Julian est profondément marqué par un constat troublant : de nombreux patients victimes d’un infarctus du myocarde décèdent d’un arrêt cardiaque alors que des traitements existent.
Frustré par cette situation, il écrit dans une revue médicale que plusieurs arrêts cardiaques associés à un infarctus aigu pourraient être traités rapidement… si le personnel formé et l’équipement approprié se trouvaient à proximité immédiate.
Le problème n’est donc pas seulement médical.
Il est organisationnel.
Réunir les conditions gagnantes
Deux ans plus tard, dans certaines villes américaines, une nouvelle approche prend forme.
On décide de regrouper les patients victimes d’infarctus dans une même unité équipée :
- d’un défibrillateur
- d’un cardiostimulateur
- d’un système de surveillance continue du rythme cardiaque
Pour la première fois, les battements du cœur peuvent être observés en temps réel sur des écrans.
Les équipes peuvent intervenir dès les premières secondes d’une complication.
Les unités coronariennes viennent de naître.
Des résultats qui dérangent
Les premières données américaines rapportent une diminution significative de la mortalité chez les patients hospitalisés pour infarctus du myocarde.
Malgré ces résultats encourageants, l’idée ne fait pas l’unanimité.
Une résistance au changement
Déçu de ne pas pouvoir implanter ce modèle à Londres, le Dr Julian quitte l’Angleterre pour l’Australie, où il réussit à mettre en place une unité coronarienne fonctionnelle.
Il publie ensuite son expérience.
Sa soumission est rapidement rejetée par le prestigieux British Medical Journal, sous prétexte qu’il serait imprudent de recommander l’hospitalisation systématique des patients infarctusés dans une même unité sans preuve définitive d’un bénéfice.
L’histoire montrera pourtant que cette intuition était juste.
Comme souvent en médecine, les grandes avancées ne reposent pas uniquement sur la découverte d’un médicament ou d’une technologie, mais aussi sur une nouvelle façon d’organiser les soins.
L’impact majeur des unités coronariennes
Les unités coronariennes démontreront rapidement leur efficacité.
Les statistiques montrent une diminution marquée de la mortalité chez les patients hospitalisés à la suite d’un infarctus du myocarde.
Le principe est simple : surveiller en continu et intervenir sans délai.
Avec le temps, ces unités deviennent encore plus spécialisées.
En plus des défibrillateurs, des cardiostimulateurs et du personnel formé en réanimation cardiaque, de nouveaux outils sont introduits.
Parmi eux, un dispositif particulier attire l’attention : le cathéter de Swan-Ganz, développé par les Drs Jeremy Swan et William Ganz.
Mieux comprendre le fonctionnement du cœur
Le cathéter de Swan-Ganz est un petit tube souple inséré dans une veine et avancé jusqu’au cœur et aux artères pulmonaires.
Il permet de mesurer différentes pressions à l’intérieur du cœur et d’évaluer sa capacité à pomper le sangLe sang est composé de globules rouges, de globules blancs, de plaquettes et de plasma. Les globules rouges sont responsables du transport de l’oxygène et du dioxyde de carbone. Les globules blancs constituent notre système de défense >> efficacement.
Autrement dit, il donne une photographie précise de la performance de la pompe cardiaque.
Ces informations, accessibles en continu, aident l’équipe médicale à ajuster rapidement les traitements.
Des médicaments peuvent être administrés par voie intraveineuse pour soutenir la contraction du cœur ou stabiliser la circulation sanguine.
Une baisse spectaculaire de la mortalité
Il ne fait aucun doute que l’organisation des soins en unités coronariennes a contribué à une amélioration majeure du pronostic des infarctus.
Au milieu des années 1960, le taux de mortalité hospitalière liée à la crise cardiaque chute d’environ 30 % à 15 %.
Cette réduction impressionnante illustre à quel point une meilleure organisation des soins, combinée à une surveillance continue, peut transformer l’issue d’une maladie aiguë.
Les unités de soins intensifs coronariens aujourd’hui
Aujourd’hui, la technologie s’est considérablement développée.
Ce que l’on appelait autrefois les « unités coronariennes » sont devenues des Unités de soins intensifs coronariens (USIC), de véritables centres spécialisés en cardiologie aiguë.
Chaque chambre est équipée à la fine pointe de la technologie.
L’espace est conçu pour accueillir simultanément des appareils de surveillance, des équipements diagnostiques et des dispositifs thérapeutiques avancés.
Une surveillance continue et intégrée
Les patients admis bénéficient d’une observation constante du rythme cardiaque, de la pression artérielle, de l’oxygénation et d’autres paramètres essentiels.
Les systèmes actuels permettent :
- la détection immédiate d’un trouble du rythme
- l’identification rapide d’une baisse de la capacité du cœur à pomper le sangLe sang est composé de globules rouges, de globules blancs, de plaquettes et de plasma. Les globules rouges sont responsables du transport de l’oxygène et du dioxyde de carbone. Les globules blancs constituent notre système de défense >>
- une alerte automatique à l’équipe soignante
L’intervention peut ainsi être initiée en quelques secondes.
Des traitements complets sur place
L’ensemble des soins nécessaires à une personne victime d’un événement coronarien — ce que l’on appelait autrefois « la crise cardiaque » — est maintenant disponible rapidement, souvent au même endroit.
Cela comprend :
- l’administration de médicaments spécialisés par perfusion
- la stimulation cardiaque temporaire
- l’assistance circulatoire mécanique, au besoin
Cette organisation intégrée a profondément changé le pronostic des infarctus.
Une baisse remarquable de la mortalité
Grâce à la surveillance continue, à l’accès rapide aux interventions et à l’amélioration des traitements, le taux de mortalité hospitalière d’un infarctus aigu du myocarde est aujourd’hui inférieur à 5–8 % dans de nombreux centres spécialisés.
Il s’agit d’un progrès majeur comparativement aux décennies précédentes.
Une évolution qui sauve des vies
Ce qui était, dans les années 1960, une innovation organisationnelle est devenu une norme internationale.
Les USIC modernes démontrent qu’en cardiologie, la rapidité d’intervention, la coordination des équipes et l’intégration technologique peuvent transformer radicalement l’issue d’une maladie aiguë.








