ANGIOPLASTIE CORONARIENNE (DILATATION CORONARIENNE)

ANGIOPLASTIE CORONARIENNE (DILATATION CORONARIENNE)

 

L'angioplastie coronarienne est l'intervention qui consiste à réparer les artères coronariennes présentant des blocages. Cette réparation fait suite à un examen appelé coronarographie, lequel permet de visualiser les rétrécissements coronariens.

http://icardio.ca/fr/articles/maladies-cardiovasculaires/test/coronarographie

 

La première dilatation coronarienne chez l’homme a été effectuée en 1977 par le Dr Andreas Gruentzig.

La demande pour cet examen est habituellement faite par un cardiologue, après avoir rencontré le patient.  

Dans la très grande majorité des cas, l’angioplastie coronarienne est effectuée en même temps que la procédure de coronarographie. Toutefois, il est possible que l’angioplastie soit remise à une autre journée, par exemple, lorsque plusieurs blocages sont présents ou encore qu’une artère soit occluse de longue date.

Ces situations sont discutées avec le patient, afin de lui offrir la meilleure option de réparation possible.

 

Ce texte est écrit dans le contexte où une deuxième admission est nécessaire.

 

Avant l’examen

Bien que peu probable, une visite de préadmission peut être demandée. Lors de celle-ci, un bilan sanguin ainsi qu’un électrocardiogramme sont faits et on explique l'examen au patient, tout en répondant à ses questions.

Cette préadmission se déroule généralement dans les quelques semaines précédant l’intervention.

 

Le jour de l’examen

En règle générale, il faut prévoir une hospitalisation d’un jour pour cette intervention.

Le jour de l’examen, le patient doit être à jeun depuis minuit la veille, incluant la prise des médicaments, à moins d’un avis contraire précisé lors de la journée de préadmission.

En arrivant en salle de préparation, il doit retirer tous ses vêtements et porter une jaquette d’hôpital. Une infirmière installera alors un ou deux accès veineux à travers lesquels un soluté pourrait être administré. Ces accès veineux serviront également à l’administration de médicaments, au besoin, pendant l’examen.

Un rasage du poignet droit et des deux aines est fait afin de permettre l’insertion des cathéters dans l’artère choisie par le cardiologue.

 

Préparation en salle d’examen

Au moment prévu, on dirige le patient vers la salle d’examen sur une civière.

Durant l’examen, le médecin et les infirmières prennent les mêmes précautions qu’en salle d’opération afin d’éviter l’introduction de bactéries dans le corps du patient (environnement stérile). Ils sont vêtus de bleu ou de vert et portent des masques et des bonnets chirurgicaux.

La température de la pièce est fraîche, même froide, pour permettre aux appareils de radiologie de fonctionner sans accrocs. Un drap stérile couvre le patient durant l’examen pour minimiser l’inconfort relié à la température de la pièce.

 

Il y a deux artères qui assurent la circulation de la main, lesquelles ont une particularité. En effet, des liens existent entre ces deux artères : si l'une d'elles se bloque, l'autre peut assumer son travail. Un test avec la main est souvent fait afin de vérifier cette perméabilité.

Il peut arriver, dans certains cas, que l'artère du poignet (artère radiale) soit inutilisable. On aura alors recours à l'artère de l'aine (artère fémorale) pour accéder au cœur.

Les avantages de passer par l’artère du poignet sont la diminution des risques de saignements et la possibilité pour le patient de se lever une à deux heures après l’examen. Cependant, cette voie d’accès n’est pas toujours possible et, dans certaines circonstances, l’accès par l’aine sera jugé plus favorable.

 

La voie utilisée pour la coronarographie est habituellement réutilisée. Même si la coronarographie a été bien exécutée par celle-ci, il n’en demeure pas moins que les autres voies doivent être préparées pour parer à toute éventualité.

 

Après avoir préparé le matériel nécessaire à l’examen, l’infirmière désinfectera les deux aines ainsi que le poignet utilisé. Une fois ces régions asséchées, elle place une couverture stérile sur le patient et branche les derniers appareils qui serviront à l'examen. Le patient doit limiter ses mouvements le plus possible à compter de ce moment.

 

Pendant l’examen

Le médecin se présente et l’examen débute.

L’infirmière donne des médicaments au patient pour favoriser sa détente et diminuer la douleur lors de la ponction.

 

La piqûre

Le médecin fait une anesthésie locale au niveau de l’artère choisie comme porte d’entrée afin de minimiser la douleur.

Une petite incision est pratiquée et, avec une aiguille creuse, il ponctionne cette artère.

 

Tous les rétrécissements ne sont pas à réparer

Les images de la coronarographie sont disponibles pour le médecin.  Ce ne sont pas toutes les plaques d’athérome qui ont besoin d’être réparées. L’angioplastie coronarienne comporte des risques et les bénéfices de la procédure doivent les surpasser. 

Par conséquent, une angioplastie coronarienne est pratiquée seulement sur les plaques de cholestérol qui posent un problème à l’oxygénation du muscle cardiaque.

 

Il existe des situations où le rétrécissement est à la limite de ce que l’œil considère comme nécessitant une angioplastie. Dans ces cas-là, le médecin aura recours à un système spécial appelé le FFR. Cette technique mesure la différence de pression de chaque côté du rétrécissement à l’aide d’un fil métallique très fin. Ceci permet au médecin de déterminer si des bénéfices sont attendus à la suite de sa réparation.

 

Matériel similaire à celui de la coronarographie

Tout comme pour une coronarographie, l’angioplastie coronarienne utilise des cathéters, un colorant et des rayons X en plus du matériel nécessaire à la réparation.

 

L’angioplastie peut suivre immédiatement la coronarographie

Lorsque l’angioplastie coronarienne est exécutée le même jour, le médecin qui a fait la coronarographie explique au patient les résultats de cet examen. La suggestion d’une réparation coronarienne est proposée au patient, si celle-ci est réalisable. Avec le consentement du patient, on procède à l’angioplastie coronarienne.

 

On utilise là aussi un cathéter pour faire le travail

Un cathéter est placé à l'entrée de l'artère coronaire malade. Tout le matériel nécessaire à la réparation de l’artère passe dans ce tube.

 

L’angioplastie écrase la plaque d’athérome

Le but de l’angioplastie coronarienne est d’écraser la plaque de cholestérol à traiter. Cet écrasement brise la plaque ce qui active la coagulation sanguine. Dans le but d’éviter la formation d’un caillot sanguin dans l'artère coronaire et de l’obstruer partiellement ou complètement, le sang est éclairci davantage par une médication intraveineuse.

 

Un petit fil de métal fait la « voie ferrée »

Un fil métallique très fin est avancé dans l'artère coronaire au travers de la plaque à réparer. C’est la « voie ferrée » par laquelle tout le matériel nécessaire à la réparation sera avancé.

 

Un ballonnet est utilisé pour écraser la plaque

Un cathéter à ballonnet est glissé au site du blocage ; une fois en place, il est gonflé. C’est ce qui comprime la plaque d’athérome qui causait le rétrécissement et obstruait l’artère, laissant une plus grande ouverture lorsque le cathéter à ballonnet est dégonflé.

Il faut savoir qu’au moment où le ballonnet est gonflé, la circulation dans l’artère coronaire est interrompue et un malaise d’angine est possible.

Le ballon est ensuite dégonflé, la circulation reprend sur le trajet de cette artère et le malaise s’estompe. Ce ne sont pas tous les patients qui ressentent un tel malaise, certains n’en éprouvent aucun.

 

Une spiralé de métal est utilisée pour garder l’artère grande ouverte   

Pour obtenir un meilleur résultat à court, moyen et long terme, on implante une endoprothèse vasculaire, mieux connue sous le nom de stent, au site de la sténose. Un stent est en fait une spiralé de métal aux allures d’un ressort qui aide à garder l’artère grande ouverte.

Le stent est amené sur place par un cathéter à ballonnet, porteur de la prothèse recroquevillée sur lui.

 

 

En gonflant, le ballonnet déploie la prothèse et la presse contre la paroi du vaisseau. Le ballonnet est alors dégonflé et retiré, laissant la prothèse en place à tout jamais.

La quasi-totalité des endoprothèses vasculaires sont recouvertes d'une substance médicamenteuse qui diminue les risques de récidive, dite resténose, à cet endroit.

 

Encore une fois, certains patients ressentent un malaise d'angine, l'artère coronarienne pouvant être sensible à l'étirement. L'endoprothèse, quand déployée, dilate cette artère, l'étirant par le fait même, et la maintient dilatée à long terme.

 

Le stent ne cause pas de rejet

Il n’y a pas de rejet connu des endoprothèses vasculaires.

 

Il s'agit toutefois d'un corps étranger, capable de stimuler l’activité des plaquettes et la coagulation sanguine, responsable de la formation de caillots.

On parle de thrombose de la prothèse, c’est-à-dire que la prothèse est complètement « bloquée ». Pour éviter cette complication qui peut être mortelle, certaines précautions sont à prendre.

 

Précautions contre la thrombose

Le médecin prescrit une combinaison de médicaments à prendre tous les jours pour éviter la thrombose, soit ce blocage aigu de l’endoprothèse.

L’aspirine est donnée à perpétuité, tandis que le deuxième antiplaquettaire est prescrit pour au moins un mois, souvent un an, et parfois à vie..

 

 

 

Ne jamais cesser de prendre l’antiplaquettaire sans l’avis du cardiologue

même pour une intervention chirurgicale mineure

 

Tout problème lié à cette thérapie doit être discuté avec un médecin bien au fait des procédures en cardiologie, de préférence un cardiologue.

Les cellules du corps humain se régénéreront complètement dans les mois suivant l’implantation.

 

Courte Hospitalisation

Pour les patients qui se présente pourune angioplastie,  celle-ci peut necessité un court séjour dans bien des centres hospitaliers. Les patients quittent habituellement tôt le lendemain matin.

 

Le suivi

Les patients qui bénéficient d'une angioplastie coronarienne ont un suivi avec un professionnel de la santé. L’angine pourrait réapparaître par la suite, soit par une récidive appelée resténose à l'endroit de la réparation ou secondaire à une nouvelle plaque d’athérome.

L’angioplastie n’élimine pas la maladie coronarienne. Le patient doit être vigilant quant aux symptômes d’angine, c’est-à-dire ces malaises apparaissant à l’effort, soulagés par le repos et récidivant après le même genre d’effort. On doit alors consulter son médecin.

 

Risques lors de la procédure

L’angioplastie coronarienne est une procédure très sécuritaire, mais elle comporte des risques comme toutes les interventions médicales à l’intérieur du corps.

Les risques sont liés à la condition médicale d’un patient dans son ensemble et de l’importance des réparations à être effectuées.

De façons générales, les risques de décès liés à cet examen sont évalués à moins de 1 sur 1 000. Les autres risques de complications majeures, tels l’accident vasculo-cérébral (AVC), l’infarctus, un problème rénal ou la nécessité d’une chirurgie urgente sont évalués à moins de 4 sur 1 000.

Les risques de complications mineures, (p. ex. saignements, ecchymoses ou hématomes) sont évalués à environ 1%.

À lire: Resténose coronarienne

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