MORT SUBITE

MORT SUBITE

Nous avons tous déjà entendu dire qu'une personne était décédée subitement. Un problème cardiaque est très fréquemment à l'origine des morts subites.

Elle se caractérise par un décès soudain et imprévisible causé par l’arrêt de la circulation sanguine. Cette défaillance entraîne une perte de conscience abrupte, un arrêt respiratoire et le décès, si des manœuvres de réanimation ne sont pas entreprises rapidement.

Les victimes d’un arrêt cardiaque soudain n’ont habituellement pas de symptômes précurseurs, quoique certains peuvent ressentir une douleur à la poitrine, des palpitations ou encore des étourdissements.

 

Quel est l’ampleur du problème?

L’arrêt cardiaque soudain est la cause de 32 000 décès annuellement au Canada.

La mort subite d’origine cardiaque est la première cause de décès au Canada, précédant l’infarctus du myocarde, le cancer et l’AVC.

La mort subite d’origine cardiaque représente 50 % des décès attribuables à divers problèmes cardiaques. Elle touche majoritairement les adultes de 30 à 50 ans, dans une proportion de 2 hommes pour 1 femme. Les enfants sont rarement touchés (1-2 enfants par 100 000 annuellement).

Chez une population jeune, la mort subite d’origine cardiaque survient surtout lors des sports d’équipe. (1 sur 200 000 athlètes).

Chez les athlètes de plus de 35 ans, la mort subite d’origine cardiaque survient surtout lors de sports tels que la course à pied et le jogging. (Marathonien(ne) 1 sur 50 000 - Joggeur(euse) 1 sur 15 000).

Le risque de mort subite d’origine cardiaque est de 0,001 % par an chez les adolescents et de 0,1 % par an après l’âge de 30 ans pour augmenter ensuite progressivement avec l’âge.

 

Quel est la différence entre un arrêt cardiaque soudain et un infarctus du myocarde?

La mort subite d’origine cardiaque n’est pas une « crise de cœur ». Le cœur est un muscle dont la fonction est de pomper le sang vers les organes du corps humain.

Cette pompe est régulée par un système électrique qui entraîne des contractions cardiaques d’une façon harmonieuse et régulière.

L'infarctus du myocarde (la crise cardiaque) survient par suite d’un blocage d’une ou de plusieurs artères coronaires, causant des dommages au muscle cardiaque.

La mort subite d’origine cardiaque est causée par un dysfonctionnement du système électrique du cœur. La cause la plus fréquente est une arythmie appelée fibrillation ventriculaire. Cette anomalie du rythme cardiaque est caractérisée par un rythme très rapide et désorganisé de la portion inférieure du cœur, les ventricules. Ce rythme chaotique, qui fait bouger les ventricules comme de la gélatine, est inefficace pour assurer une circulation sanguine adéquate.

 

L’arrêt de la circulation sanguine compromet rapidement les fonctions du cerveau causant par le fait même une perte de conscience et un arrêt cardiorespiratoire.

Le décès est inévitable, à moins que des procédures de réanimation soient entreprises rapidement.

 

Quels sont les symptômes?

Dans plus de la moitié des cas, aucun symptôme préalable n'est ressenti.

 

Certains patients peuvent éprouver des douleurs thoraciques ou une sensation de battements rapides du cœur ainsi que des étourdissements avant de perdre connaissance.

 

Quelles sont les causes?

Dans la grande majorité des cas, la mort subite d’origine cardiaque est causée par une arythmie fatale. Encore une fois, la fibrillation ventriculaire est la plus fréquente.

La cause de cette arythmie peut parfois être difficile à déterminer.

Bien que la maladie coronarienne soit la principale cause la mort subite, dans la majorité des cas elle n’était pas connue avant l’événement.

Chez la population des plus de 40 ans, la cause prédominante est la maladie coronarienne, alors que les anomalies congénitales l'emportent chez les personnes plus jeunes.

 

Quels sont les facteurs de risque de la mort subite d’origine cardiaque?

Il existe plusieurs facteurs pouvant augmenter le risque de mort subite d’origine cardiaque.

2 facteurs principaux :

  • Antécédents d’infarctus du myocarde dans plus de 75 % des cas,
  • Antécédents de maladie coronarienne athérosclérotique dans plus de 80 % des cas.

 

Autres facteurs :

  • Fraction d’éjection du ventricule gauche de moins de 40 %,
  • Antécédents d’insuffisance cardiaque (augmentent le risque de 8 fois, comparativement à la population générale),
  • Histoire familiale de mort subite cardiaque,
  • Syndrome du QT long,
  • Syndrome de Wolff-Parkinson-White ou de pré excitation (faisceau accessoire),
  • Histoire de syncope d’origine indéterminée,
  • Histoire familiale de syncope ou d’arrêt cardiaque soudain,
  • Anomalies congénitales cardiaques,
  • Cardiomyopathie dilatée ou hypertrophique,
  • Obésité,
  • Diabète,
  • Consommation de drogues.

 

Comment établir le diagnostic?

Toute personne qui perd connaissance, s’effondre soudainement et ne répond plus, est possiblement une victime.

Les manœuvres de réanimation doivent être débutées immédiatement et on doit composer le 911.

Si un défibrillateur externe automatique est disponible, il doit être utilisé rapidement.

Le diagnostic final est établi à l’aide d’un électrocardiogramme ou d’une bande de rythme documentant le trouble du rythme cardiaque.

Après son transport à l’hôpital, la cause de l’arrêt cardiaque sera identifiée.

 

Quel est le traitement?

Afin d'identifier blocage ayant pu provoquer l'arythmie en cause, on fera généralement une coronarographie au patient qui aura  été réanimé avec succès à l'hôpital.

Durant son hospitalisation, la victime qui a été réanimée subira des examens complémentaires pour connaître la cause de l’événement et, surtout, dans le but de prévenir un nouvel épisode.

Le traitement comprendra une correction de la maladie coronarienne, si présente, une médication et l’implantation d’un défibrillateur automatique implantable.

 

Qu’est-ce qu’un défibrillateur automatique implantable?

Un défibrillateur est en quelque sorte un « super » pacemaker. Tout comme celui-ci, le défibrillateur automatique implantable est un appareil habituellement installé dans la région supérieure gauche du thorax (région sous-claviculaire gauche). En plus de pouvoir faire tout ce qu’un pacemaker peut faire, le défibrillateur surveille de façon continue le rythme du cœur et peut traiter, si nécessaire, une arythmie potentiellement dangereuse ou mortelle.

 

Le pronostic

Le devenir des patients ayant survécu à une mort subite est très réservé, c'est-à-dire que la réanimation aura été efficace pour avorter l'événement.

Les statistiques démontrent que 70 à 90 % des arrêts cardiaques à l’extérieur d’un hôpital sont fatals. Cette statistique plus favorable de 70 % provient de l’impact des défibrillateurs externes automatisés disponibles dans les écoles et les centres sportifs.

Mais n’est pas hors de danger un survivant d’une mort subite. De ces 10 à 30 % des patients ayant survécu à l’événement, 5 à 40 % quitteront l’hôpital. Certains pourront n'avoir aucun ou très peu de déficits neurologiques, alors que d’autres en seront grandement limités.

Bien qu'il y ait eu réanimation à l'hôpital ou ailleurs, la survie du rescapé d'une mort subite comporte le risque potentiel d'une atteinte neurologique et de ses conséquences cérébrales. Le manque d’oxygène au cerveau entraîne rapidement des dommages; cette anoxie engendre une congestion, l'œdème cérébral, tout comme l’enflure qui accompagne une blessure. Ce sont précisément ces conséquences au cerveau qui peuvent être mortelles à leur tour.

 

Comment faire pour améliorer ce pronostic?

La réanimation rapide et efficace des patients victimes d'une mort subite éventuelle demeure le geste qui peut tout changer.

N’oublions pas que le meilleur traitement est et reste la prévention.

La prise de conscience des facteurs de risque et la modification de ses habitudes de vie sont toujours au premier plan.

 

À suivre; le récit d'un patient ayant survécu à une mort subite