MITRACLIP

MITRACLIP "Clippe mitrale"

Le mitraclip est une procédure non-chirurgicale servant à réduire l’importance de l’insuffisance mitrale chez les patients pour qui la chirurgie est contre-indiquée.

 

Pour bien comprendre

Pour comprendre comment le mitraclip fonctionne, il faut reprendre du début.

 

Le cœur possède quatre valves

Le cœur est une pompe musculaire qui permet au sang de circuler dans tout le corps.

Il possède quatre valves qui permettent d’assurer une circulation sanguine dans le bon sens, c’est-à-dire, sans retour vers l’arrière !

 

La valve mitrale

L’une de ces valves est la valve mitrale. Elle est située entre l’oreillette et le ventricule gauche.

Celle-ci peut être considérée comme la porte d’entrée à deux battants. Elle contrôle le passage du sang de l’oreillette gauche au ventricule gauche.

En temps normal, lorsque le cœur se contracte pour expulser le sang dans l’organisme (cerveau, bras, intestins, etc..), la valve mitrale ferme de façon étanche pour prévenir le retour du sang vers l’arrière soit dans l’oreillette gauche. 

 

L’insuffisance mitrale

La valve mitrale peut perdre son étanchéité au cours de la vie pour toutes sortes de raisons. 

Plusieurs termes sont utilisés pour cette valve devenue incompétente. On peut dire qu’elle fuit, qu’elle coule ou encore qu’il y a insuffisance mitrale.

Ces qualificatifs décrivent que le sang refoule vers l’oreillette gauche. Le degré d’insuffisance est décrit comme léger, modérée ou sévère devant l’importance de la quantité de sang qui retourne dans l’oreillette gauche.

Éventuellement, l’insuffisance mitrale peut causer une défaillance cardiaque avec comme conséquence possible l’essoufflement, de la fatigue et éventuellement l’accumulation d’eau dans les poumons.

 

Les traitements possibles de cette valve incompétente

Normalement, dans les cas sévères nécessitant une réparation, le traitement standard consiste en une chirurgie cardiaque de réparation ou de remplacement valvulaire.

Cependant, certains patients sont trop malades pour avoir une chirurgie. Il faut donc penser à d’autres procédures non-chirurgicales, moins agressantes, telles le Mitraclip.

 

Le Mitraclip

Le Mitraclip est le nom que l’on utilise pour définir une procédure par cathéter qui a pour but de réduire l’insuffisance mitrale sévère, c’est-à-dire de réduire de façon importante la fuite de la valve mitrale.

 

Comment ça fonctionne ?

Dans l’insuffisance mitrale, le problème est que les deux feuillets ou ces deux battants de la valve mitrale ne se ferment pas correctement. En d’autres termes, au lieu d’avoir une porte étanche, il s’agit d’une « porte western ».

Le principe du Mitraclip peut être comparé à une épingle à linge. On attache les deux feuillets ensemble à l’endroit où il y a une fuite pour diminuer celle-ci.

 

Comment ça se fait ?

Cette procédure se déroule en salle d’hémodynamie. C’est dans la même salle où l’on fait les cathétérismes cardiaques.

 

Avant l’examen

En général, on vous convoque pour une préadmission. On vous explique la procédure et on répond à vos questions et un bilan sanguin est fait.

Une hospitalisation d’environ 2 jours est nécessaire pour cette intervention.

 

Le jour de l’examen

Le jour de l’examen, vous devez être à jeun depuis minuit la veille.

On vous prépare à la procédure dans une salle du centre hospitalier adjacente à la salle d’hémodynamie.

Vous devez retirer tous vos vêtements et porter une jaquette d’hôpital.

Une infirmière installe un soluté dans une veine d’un de vos bras pour permettre l’administration de médicaments lors de l’examen.

Un rasage des aines est fait afin de permettre l’insertion du cathéter dans la veine fémorale droite ou gauche.

 

Préparation en salle d’examen

Au moment venu, on vous dirige vers la salle d’examen sur une civière.

Durant l’examen, les infirmières et le médecin prennent les mêmes précautions qu’en salle d’opération afin d’éviter l’introduction de bactéries dans votre corps. Ils sont vêtus de bleu ou vert et portent des masques et des chapeaux.

 

Des inconforts temporaires

La table d’examen peut être inconfortable.

La température de la pièce est fraiche, même froide, mais permet aux appareils de radiologie de fonctionner sans accrocs.

 

La désinfection

Après avoir préparé le matériel nécessaire à l’examen, l’infirmière désinfectera vos deux aines.

Une fois ces régions asséchées, elle place une couverture stérile sur vous et branche les derniers instruments.

 

Sous anesthésie générale

La procédure se déroulera sous anesthésie générale. On vous donnera tout de même un petit quelque chose pour vous détendre pendant les préparatifs.

 

Une guidance échocardiographie

L’échographie transoesophagien, c’est-à-dire une échographie ressemblant à une gastroscopie, est utilisée pour guider le médecin pendant la procédure. Ne vous en faites pas, vous en n’aurez pas connaissance.

 

Le cardiologue spécialisé débute la procédure

Pendant l’examen, je vous rappelle que vous n’aurez conscience de rien puisque vous êtes endormi par l’anesthésiste.

Pour réaliser la procédure, le cardiologue fait une piqûre au niveau de la veine de l’aine, la veine fémorale.

Un tube de plastique appelé introducteur est installé dans cette veine ce qui permet de garder une « porte d’entrée » accessible durant tout l’examen.

Un cathéter est introduit et remonte jusqu’au cœur.

Le médecin se rend à la valve mitrale en empruntant un chemin par la  veine fémorale jusqu’à la veine cave inférieur puis l’oreillette droite.

De là, pour se rendre à l’oreillette gauche, il doit transpercer la cloison qui sépare les deux oreillettes, le septum inter auriculaire.

L’échographie transoesophagien facilite cette traversée.

 

Rendu sur les lieux de la valve mitrale

Il est maintenant sur les lieux de cette valve à réparer.

Le médecin se positionne au niveau de la valve mitrale et repère à l’aide de l’échographie cardiaque l’endroit où la valve coule le plus. Une fois au bon endroit, il agrippe les deux volets de cette « porte western » et « ferme l’épingle ».

 

 

L’impact sur la fuite mitrale est vérifié immédiatement

Lorsque les feuillets sont épinglés, l’échographie permet de voir la fuite mitrale « restante » ou résiduelle.

Le médecin juge si le résultat est satisfaisant à l’aide de ces images. Dans le cas où la fuite résiduelle est encore trop importante, une autre « épingle » est installée.

 

Quels sont les risques ?

Comme toutes procédures auxquelles on se retrouve à l’intérieur des vaisseaux sanguins et de votre cœur, il existe des risques de saignement principalement.

Les autres risques, plus rares (moins de 1 sur 100) sont :

  • L’accumulation de sang autour du cœur c’est-à-dire dans le péricarde
  • Un accident vasculaire cérébral (AVC)
  • La nécessité de faire une chirurgie urgente.

 

Le détachement complet de l’épingle installé n’a jamais été observé.

 

À quoi s’attendre ?

Il faut savoir que cette procédure a pour but de diminuer les symptômes reliés à cette valve qui coule, et de diminuer les hospitalisations pour insuffisance cardiaque, c’est-à-dire en raison de l’eau dans les poumons.

 

Quel est le suivi ?

Si tout se passe bien, le jour après l’installation du Mitraclip, le patient obtient son congé.

 

Des médicaments à prendre

Il faut par la suite prendre des médicaments pour éclaircir le sang pendant au moins 6 mois. 

Ce traitement est composé de médicaments freinant l'action des plaquettes sanguines.

 

Des précautions à prendre

Le Mitraclip est un petit corps étranger qui « épingle » les deux feuillets de la valve mitrale. Il pourrait bien s’infecter dans la situation où des bactéries entrent dans la circulation.

C’est pourquoi une bonne hygiène buccale est demandée.

Il est recommandé de prendre des antibiotiques à titre préventif avant des procédures dentaires ou dans le cas de certaines chirurgies.

 

Par la suite…

Le suivi de cette procédure est assuré par le médecin qui vous a référé à la procédure du Mitraclip.

Il consiste bien souvent à répéter des échocardiogrammes dans le temps pour constater la réduction de la fuite mitrale et son évolution dans le temps.

 

À la maison

Les activités régulières de la vie de tous les jours peuvent être reprises graduellement quelques jours suivant la procédure.

On mentionne au patient de ne pas prendre de bain ou profiter d’une piscine pour les 3 à 4 premiers jours en raison de la piqure faite à la cuisse. L’utilisation de la douche est possible.

Une petite raideur à l’aine utilisé peut-être perçue pour quelques jours. Il est possible d’appliqué de la chaleur sèche de type bouillote pour apaiser et diminuer l’inflammation.

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