FIBRILLATION AURICULAIRE (FA)

FIBRILLATION AURICULAIRE (FA)

 

Battements cardiaques désordonnés et parfois rapides

La FA est une arythmie caractérisée par des battements cardiaques désordonnés qui sont irrégulièrement irréguliers. La fréquence du cœur peut même être au-delà de 150 battements par minute.

 

 

Un chef d'orchestre

Pour que toutes les structures cardiaques se contractent normalement, le cœur est muni d’un système électrique bien organisé sous la direction d’un chef d’orchestre.

 

 

 

C’est une arythmie située dans les oreillettes

La fibrillation auriculaire est le résultat d'une anarchie de chefs d’orchestre . C’est la cacophonie électrique.

Cette arythmie se situe dans les oreillettes (cavité supérieure du cœur) ce qui les empêche de se contracter efficacement. Lorsque l’on regarde des oreillettes aux prises avec la fibrillation auriculaire, c’est comme regarder du ‘’jello’’ qu’on fait bouger. Ça bouge, mais ça ne se contracte plus normalement.

 

Le douanier électrique se fait bombarder

Les ventricules non plus ne se contractent pas de façon régulière.

Comme il n’y a plus de chef d’orchestre pour gérer l’activité électrique des oreillettes, le nœud auriculo-ventriculaire (le douanier de l’influx électrique vers les ventricules)  se fait bombarder d’influx électrique des oreillettes.  Le passage électrique vers les ventricules sera irrégulièrement irrégulier.

Le pouls n’a plus de tempo. 

 

Risque de formation de caillot dans le cœur

Le risque majeur de la FA est l’embolie systémique.

Comme les oreillettes ne se contractent pas de façon efficace, il peut se former un caillot sanguin sur les parois des oreillettes car le sang ne circule pas ; il stagne. Des morceaux de ce caillot peuvent se détacher et partir dans la circulation sanguine, ce qui peut causer des embolies dans les artères.

Si les morceaux de caillot se rendent au niveau du cerveau, on parle d’un AVC (accident vasculaire cérébral).

Malgré cela, la FA est considérée comme une arythmie bénigne.

 

On peut très bien vivre avec la FA. Il peut n’y avoir aucun symptôme ou perception de palpitations.

 

Chez certains patients, elle peut être tout à fait asymptomatique, donc aucune palpitation n’est perçue. Pour d’autres, les palpitations peuvent être rapides, inconfortables et source d’anxiété.

La fréquence maximale pouvant être atteinte par le nœud auriculaire est de 150 à 160 battements par minute. Dans certaines situations, la fréquence peut être normale ou même lente en raison d’une médication prise par le patient ou encore en raison d’une maladie du système électrique.

 

6% dans la population générale et souvent sans cause identifiable

Les causes de la FA sont multiples mais, souvent, il n’y a pas de cause. On parle alors de FA idiopathique. L’incidence de la FA, c’est-à-dire la fréquence de cette condition dans la population en général, est de 6%.

On sait par contre que les patients plus âgés, atteints d’hypertension artérielle ou de diabète, sont plus nombreux à être atteints de FA.

Certaines maladies ou problèmes peuvent contribuer à l’apparition de la FA, comme des problèmes vasculaires, problème du muscle cardiaque ou des artères coronariennes, l’inflammation du péricarde après une chirurgie cardiaque ou thoracique, problèmes pulmonaires (MPOC, embolie pulmonaire) et même certains problèmes thyroïdiens (hyperthyroïdie).

 

Deux approches de traitement

Comment traite-t-on la FA ? Cela se fait de deux façons, soit en contrôlant la fréquence cardiaque (ralentissement) ou en contrôlant le rythme cardiaque (enrayer l’arythmie), donc en ramenant le cœur à son rythme sinusal normal.

Plusieurs études ont comparé ces deux façons, mais il ressort que les deux méthodes se valent et qu’il n’y a pas d’avantage marqué de l’une sur l’autre. 

 

Contrôle de la vitesse du cœur

S’il n’y a pas de symptôme d’arythmie, il est plus simple de contrôler la fréquence cardiaque. Le médecin choisira d’abord cette option.

Cependant, il est possible qu’en tentant de ralentir la fréquence, cette dernière devienne trop lente. Le médecin vous parlera alors d’installer un cardio-stimulateur, appelé aussi pacemaker pour assurer une fréquence adéquate si la médication freine trop la fréquence cardiaque.

Le pacemaker fournit l’électricité nécessaire au moment adéquat pour faire battre votre cœur à la fréquence désirée durant la période de ralentissement. 

 

Enrayer l’arythmie : médications ou procédure spécialisée

Malgré une fréquence cardiaque adéquate et contrôlée, le patient peut se sentir toujours inconfortable au point de nuire à ses activités de tous les jours; le médecin peut alors avoir recours à une médication prise par la bouche pour que le patient retrouve un rythme régulier et normal. 

Dans le cas où la médication orale est inefficace ou si le patient développe des effets secondaires, une autre option est la « cardioversion électrique », laquelle consiste à régulariser la fréquence cardiaque par un choc électrique.

 

La cardioversion électrique ou le choc électrique coeur

La cardioversion électrique est une méthode par laquelle on fait retrouver son rythme normal au coeur, c’est-à-dire régulier, par l’application d’un choc électrique sur le thorax. Il ne s’agit pas de la méthode théâtrale que l’on voit à la télé alors que le patient se fait soulever de la civière au moment du choc électrique…

La cardioversion nécessite une courte anesthésie, alors que le patient se fait endormir par un anesthésiste pendant quelques minutes. Une fois le sommeil provoqué, le traitement électrique est appliqué, puis la phase de réveil suit.

Comme n’importe quelle procédure, la cardioversion comporte des risques. Le médecin traitant explique les risques et les bénéfices lorsque cette procédure est retenue. Dans un tel scénario, on croit que les bénéfices surpassent les risques.

 

Brûler l'arythmie

S’il y a échec de la médication orale avec des effets secondaires, il peut alors considérer une procédure appelée fulguration. Celle-ci permet d’identifier les points d’origine au niveau des veines pulmonaires et de les brûler grâce à des ondes électriques ou à l’aide d’un appareil de cryothérapie (brûler par le froid). Cette procédure sera détaillée ultérieurement. 

 

Fibrillation auriculaire chronique ou par épisodes

La fibrillation auriculaire peut être présente de façon chronique, (permanente) ou périodique (fibrillation auriculaire paroxystique). 

 

Le but de l’anticoagulation n’est pas de rendre le sang plus clair mais de diminuer le risque de former des caillots.

 

Prévenir la formation de caillots et l’embolie

Votre médecin jugera si la prise d’un médicament anticoagulant est nécessaire à partir de certains facteurs comme l’âge, la présence de diabète et d’hypertension artérielle, d’anciens AVC ou de défaillance cardiaque.

Une fois cette médication débutée, elle est, dans la plus grande majorité des cas, nécessaire pour le restant de votre vie. Le médecin doit soupeser les risques d’embolies versus les risques de saignement dans les cas où il décide de donner une telle médication.

Il ne faut jamais cesser cette thérapie de vous-même.

 

 

Visitez la Clinique FA du CHUM pour plus d'informations.

Articles connexes

INSUFFISANCE CARDIAQUE

Plus d’un demi-million de personnes souffrent d’insuffisance cardiaque au Canada

Lire plus

TROUBLES DU RYTHME

Avoir une arythmie, c’est avoir un problème avec le système électrique qui fait battre le cœur, qui permet donc au sang de circuler et de nourrir adéquatement les organes du corps.

Lire plus