PREMIÈRE CORONAROGRAPHIE

PREMIÈRE CORONAROGRAPHIE

La coronarographie est un examen permettant de voir les artères du cœur à l’aide d’un colorant et de rayon-X. De cette façon, on peut voir si les artères coronaires ont des blocages et quelle en est leur importance.

 

Avant l’ère de la coronarographie

Avant les années 1960, il n'y avait aucune autre façon de voir ces blocages, sauf au moyen d'une autopsie, ce qui n'était pas très pratique.

 

« Ne mettez pas de colorant dans les coronaires »

Il faut dire qu’à cette époque, avec la naissance du cathétérisme, bien des mythes persistaient.

On croyait, entre autres, que de mettre un cathéter directement dans les artères du cœur allait avoir des conséquences désastreuses.

 

Une façon indirecte de les voir

Au milieu de l'année 1958, le radiologiste Charles Dotter avait trouvé une façon indirecte de voir les coronaires au moyen d'un cathéter, petit tube de plastique, installé au début de l'aorte. Ce cathéter, muni d'un ballonnet gonflable à son extrémité, permet, quand gonflé, de colorer uniquement la racine de l'aorte, c'est-à-dire le point naissant des artères coronaires.

Le Dr Dotter met fin au mythe que l'introduction d'un colorant dans les coronaires amène la fibrillation ventriculaire, une arythmie dangereuse.

Cette découverte donne naissance à la coronarographie.

 

Puis, une découverte accidentelle

Quelque 3 mois plus tard, dans un laboratoire de cathétérisme cardiaque à la Cleveland Clinic, le médecin cardiologue Mason Sones se prépare à faire un cathétérisme de l’aorte, c’est-à-dire de colorer l’aorte. Le cathéter est bien placé au début de l’aorte de M. Abner Darby.

Dr Sones demande à son étudiant de procéder à l'injection du colorant pour voir l'aorte par rayon-X. Dr Royson Lewis enclenche le mécanisme.

 

La pression à l’intérieur du cathéter générée par l’injecteur lui donne une nouvelle orientation et injecte le colorant directement dans la coronaire droite. Les deux médecins étaient convaincus que la mort allait passer. Ils s’attendaient à voir ce patient de 47 ans mourir par fibrillation ventriculaire.

Mise à part un ralentissement important et de courte durée de la fréquence cardiaque, rien ne s’est produit.

On venait, encore une fois, de révolutionner la cardiologie.

 

C’est le début de la coronarographie sélective

Il était maintenant possible d’injecter directement le colorant dans les artères coronaires de façon sélective dans la coronaire gauche et celle de droite, séparément.

De cette manière, on peut mieux voir la maladie coronarienne et son importance.

Ce même procédé est utilisé jusqu'à aujourd'hui.

 

L’évolution dans le temps des connaissances

La maladie coronarienne ou maladie des artères du cœur n’avait pas de nom jusqu’à ce moment-là, soit à la fin des années 1950.

Déjà, dans les années 1700, les symptômes de cette maladie étaient bien connus.

Il faudra attendre une centaine d'années de plus pour que les pathologistes décrivent ces blocages dans les coronaires.

Un autre siècle s'écoulera avant que l'on identifie les facteurs augmentant les risques de développer une maladie coronarienne, à savoir, le tabagisme, le cholestérol et la haute pression.

        

Nouveau défi : les plaques d'athérome!

On constate finalement que l'athérome, des plaques de cholestérol dans les artères coronaires, serait la cause de l'angine, de l'infarctus et de la mort subite.

Cette découverte ouvre la porte à une nouvelle ère, c'est-à-dire au développement de différents traitements.

 

Et la suite pour Dr Sones

Habité d'une vision des choses à venir, le Dr Mason Sones travaille ensuite avec des ingénieurs au développement de cathéters facilitant le travail des cardiologues quant à la coloration des artères du cœur.

Ironie du sort, le cardiologue Sones est décédé d'un cancer du poumon, cigarette à la bouche.

 

 

Dr Melvin Judkins

La découverte d’une coronarographie plus sélective éclipse la procédure mise sur pied par le Dr Charlie Dotter. Mais la radiologie n’a pas dit son dernier mot dans cette histoire…

Dr Dotter délègue un jeune radiologiste auprès du Dr Sones, à Cleveland, pour qu'il y reçoive une formation. Le jeune Dr Melvin Judkins s'aperçoit rapidement qu’il n'est pas facile d'installer les petits tubes de plastique dénommés « cathéters » dans les artères coronaires.

Cependant, il constate que le point de départ de chacune des coronaires, droite et gauche, est toujours situés au même endroit, d’un individu à un autre. De ce fait, il développe une nouvelle série de cathéters.

Les cathéters « Judkins » sont mieux adaptés que les cathéters « Sones ». Ils rendent la coronarographie plus facile avec moins d’exposition néfaste des rayons-x pour les médecins.

On utilise, encore aujourd’hui, ces cathéters qui portent son nom.