COMPRENDRE LE DÉPISTAGE DU CHOLESTÉROL

COMPRENDRE LE DÉPISTAGE DU CHOLESTÉROL

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Point de vue du patient-partenaire

Le cholestérol! Pour la plupart d'entre nous, c’est un concept des années 1980 auquel on ne prêtait que peu d'attention ou pas du tout dans les années antérieures à cette date.

Aujourd'hui, connaître le taux de son mauvais cholestérol sanguin et celui du bon est capital pour la prévention d’événements cardiovasculaires comme l’infarctus du myocarde et l’accident vasculaire cérébral (AVC) pour ne nommer que ceux-là.

De plus, il y a certaines familles qui sont aux prises avec une hypercholestérolémie familiale, transmise par les gènes avec des complications médicales sérieuses, même mortelles en jeune âge. Il est donc important pour ces personnes de faire un test de dépistage.

Le dépistage est effectué par une prise de sang et la bonne nouvelle est qu'il ne faut plus être à jeun avant ce prélèvement.

Une discussion avec un professionnel de la santé est indispensable une fois les résultats obtenus, afin d'établir le traitement qui s'impose dans le cas d’un résultat jugé anormal. Lors de cette rencontre, les risques liés à un taux de cholestérol élevé dans le sang sont exposés à titre préventif. Ce dialogue porte également sur la modification de ses habitudes de vie telles que le tabagisme, le peu d’exercice physique, le surplus de poids et l’alimentation. Le rendez-vous permet aussi d'effectuer un contrôle de la tension artérielle et de parler de diabète, s'il y a lieu.

Si les méthodes non-pharmaceutiques comme le régime alimentaire, la perte de poids pour certains et l’exercice physique n’ont pas donné les effets attendus sur le taux du mauvais cholestérol (LDL), le professionnel de la santé prescrira la médication appropriée. Il est évident que personne n'aime prendre des médicaments, mais certaines situations exigent qu’une correction soit apportée pour évite tout événement médical éventuel pouvant s'avérer lourd de conséquences.

Vous préférez faire confiance à certains produits naturels? Sachez que leur coût n'est pas négligeable et qu’en échange vous n’avez aucune garantie documentée qu'ils seront efficaces pour la réduction du mauvais cholestérol. Consultez votre médecin ou votre pharmacien pour connaître leurs effets thérapeutiques réels.

Tous les médicaments ont de multiples effets secondaires. S'il vous semblait en être victime, informez votre pharmacien de vos désagréments; il est facilement accessible et pourra vous conseiller.

Une bonne façon de s’assurer que les symptômes sont réellement des effets secondaires est d’arrêter cette nouvelle médication contre le cholestérol. Si les symptômes persistent malgré l’arrêt de la thérapie, c'est que ceux-ci ne sont pas liés à cette nouvelle thérapie. Dans le cas où tous les symptômes se sont résolus à l’arrêt de la médication, on peut vérifier la causalité en le reprenant. La réapparussions des symptômes confirme que les effets secondaires sont bien en regard de la thérapie.

Le dépistage d'un taux de cholestérol élevé est très important, compte tenu des effets négatifs du mauvais cholestérol sur la santé cardiovasculaire.
Vous serez informé des résultats de votre analyse sanguine et les recommandations qui leur sont associées seront à être discutées avec votre médecin. Il ne faut pas prendre ces résultats à la légère. Il vaut mieux prévenir que guérir. La prévention ne s’arrête pas seulement au taux du mauvais cholestérol dans son sang, mais à plusieurs éléments qui constituent ses habitudes de vie.

 

Le témoignage médical

 

Vous venez de voir votre médecin et celui-ci vous recommande une prise de sang pour connaître votre bilan lipidique. Savez-vous exactement ce qu’il recherche? Il cherche principalement à savoir si vous présentez un excès de cholestérol dans votre sang afin de mieux évaluer votre risque cardiovasculaire.

 

Le risque cardiovasculaire devient plus élevé avec l’âge si vous êtes un homme ou lorsqu’il y a un historique familial de maladie cardiovasculaire précoce (hérédité).    Ce risque est aussi influencé par certains facteurs, lesquels peuvent être modifiés, comme par exemple :

  • l’hypertension,
  • le tabagisme,
  • le surpoids,
  • le diabète de type 2,
  • la sédentarité,
  • la concentration de cholestérol en circulation.

 

Une dyslipidémie est une anomalie du niveau des lipides, c’est-à-dire des gras dans le sang.

 

Le dépistage d’une dyslipidémie, pour qui et à quel moment?

L’évaluation des risques de la maladie cardiovasculaire et la détermination des lipides devraient être considérées :

  • chez les individus de plus de 40 ans,
  • chez les individus exposés à un risque accru, quel que soit leur âge.

 

Les conditions suivantes comportent un risque accru de la maladie cardiovasculaire :

  • athérosclérose documentée, c’est-à-dire des plaques de cholestérol dans les artères,
  • anévrisme de l’aorte abdominale (hémorragie abdominale),
  • diabète,
  • pression artérielle élevée,
  • tabagisme,
  • apparence de dyslipidémies sur la peau ou dans les yeux (arcs cornéens, les xanthélasma ou les  xanthomes,
  • histoire familiale de maladie cardiovasculaire prématurée (<55 ans pour les hommes, <65 ans pour les femmes),
  • historique familial de dyslipidémie,
  • maladie rénale chronique,
  • obésité (IMC ³ 30 kg/m2),
  • maladie inflammatoire de l’intestin,
  • infection par le VIH,
  • dysfonction érectile,
  • maladie pulmonaire obstructive chronique (MPOC),
  • maladies hypertensives de la grossesse (prééclampsie).

 

Pourquoi le cholestérol?

Le cholestérol provient de deux sources. L’une résulte de notre alimentation et l’autre découle de notre fabrication régie par un thermostat génétique.

Le foie, les intestins et la peau produisent le cholestérol nécessaire à la construction des membranes cellulaires (la peau qui enveloppe les cellules), à la production des hormones sexuelles, de la vitamine D et des acides biliaires qui aident à digérer les graisses.

Le cholestérol est transporté dans le sang par les lipoprotéines qui sont les taxis des lipides ou matières grasses.

 

Le mauvais et le bon cholestérol

Nous retrouvons deux types de cholestérol dans le sang, soit le cholestérol des lipoprotéines de faible densité (LDL-C), appelé également « mauvais cholestérol » puisqu’il se dépose dans la paroi des artères et notamment dans celle des artères du cœur (artères coronaires). Il en résulte une réduction de leur calibre en formant des plaques d'athérome, de rendre plus difficile le passage du sang et de favoriser la formation de caillots (thrombose).

Nous retrouvons ensuite le cholestérol transporté par les lipoprotéines de haute densité (HDL-C), désigné en tant que « bon cholestérol », puisque ce cholestérol est capté un peu partout dans le corps humain et retourne au foie afin d’être éliminé en sels biliaires communément appelés la bile.

Un niveau de HDL-C élevé et un niveau de LDL-C bas réduisent considérablement le risque d'obstruction des artères et de crise cardiaque.

 

Ce que l’on cherche dans un test de dépistage

Ainsi, lors d’un dépistage d’une dyslipidémie, votre médecin cherchera principalement à connaître les niveaux de cholestérol total dans votre sang, celui des triglycérides (gras), et plus précisément les niveaux de LDL-C et de HDL-C. Ces tests désignent le profil lipidique standard.

Ce profil, un peu comme une photo des gras dans votre sang, renseignera votre médecin sur vos niveaux de lipides. Ces niveaux sont généralement donnés en mmol/Litre.

 

Doit-on être à jeun?

Jusqu’à récemment, on exigeait des patients qu'ils soient à jeun pendant 12 heures avant les tests. Les plus récentes recommandations canadiennes ont établi qu’il est maintenant accepté de passer une prise de sang pour bilan lipidique en n’étant pas à jeun.

Il est possible que l'on doive effectuer un second test de cholestérol, cette fois après un jeune de 12 heures, si le test actuel démontre un niveau trop élevé de triglycérides (> 4,5 mmol/L), lesquels sont un autre type de gras. Une valeur trop élevée des triglycérides peut fausser les résultats du bon cholestérol et ceux du mauvais également.

 

Comment détecter?

On peut détecter une dyslipidémie par la présence d'une accumulation de cholestérol sur la peau, sur les paupières, par exemple, ou dans les yeux ou encore par un test de dépistage sanguin.

 

Qui doit être traité?

Si vous êtes en bonne santé cardiovasculaire et que vous ne présentez aucun autre facteur de risque, un traitement n’est pas nécessaire lorsque vos niveaux de LDL-C ne sont que très peu élevés (moins de 5 mmol/L).

Si vous présentez certains facteurs de risque et que votre médecin évalue que vous avez un risque de maladie cardiovasculaire intermédiaire ou élevé, celui-ci vous fera débuter un traitement aux statines afin d’abaisser votre LDL-C à moins de 2 mmol/L ou, tout le moins, à une diminution de moitié de votre LDL-C initial.

 

Mais, avant de traiter...

 

Une thérapie médicamenteuse est rarement débutée selon le résultat du premier dépistage. Le suivi qui est réalisé par votre médecin traitant dépend principalement de votre historique personnel de maladie cardiovasculaire et la présence de facteurs de risque.

La toute première chose à faire est de réviser vos habitudes de vie afin de réduire votre risque de maladie cardiovasculaire. Il s'agit, par exemple, de cesser le tabagisme, d'atteindre un poids santé, de mener une vie active et de veiller à mieux gérer votre stress, c’est-à-dire d'adopter de saines habitudes de vie.

N’oublions pas que notre diète est l'une des deux sources du niveau sanguin de cholestérol.

Il revient à la pratique médicale de tenter de faire adopter ces modifications des habitudes de vie néfastes pour la santé et de demander un nouveau test de dépistage après quelques mois.

Il est possible qu’un médicament soit nécessaire afin de diminuer vos niveaux de LDL-C. Votre médecin traitant pourrait vous prescrire des statines.

Ce médicament est désormais reconnu comme étant la meilleure pharmacothérapie pour diminuer le niveau du cholestérol sanguin afin de minimiser le risque de maladies cardiaques athérosclérotiques.

 

Comment fonctionne la thérapie des statines?

Les statines agissent sur le foie en bloquant l'action de l'enzyme hépatique responsable de la production du cholestérol. En diminuant le cholestérol en circulation, on réduit l’accumulation de plaque sur les parois des artères, le rétrécissement de celles-ci et la possibilité que des caillots sanguins puissent provoquer une crise cardiaque ou un accident vasculaire cérébral.

Donc, cette thérapie réduit le taux de LDL-C et le cholestérol total, abaisse les triglycérides et augmente le taux de HDL-C. Elle peut également aider à stabiliser les plaques dans les artères et diminuer le risque de crises cardiaques, les rendant moins susceptibles de se fissurer.

 

Une thérapie avec un impact majeur sur la vie

La prise de statines réduit de façon significative le taux de mortalité chez les personnes qui ont un risque cardiovasculaire élevé.

En fait, des études ont démontré que la prise de statines permet de réduire de 25 % le risque de revivre un évènement vasculaire majeur, infarctus ou AVC pour chaque réduction de 1 mmol/L du LDL-C au cours de chaque année subséquente.

 

Plusieurs sortes de statines

Votre médecin choisira les statines qui conviennent le mieux à votre état et débutera le traitement par la plus faible dose efficace.

Les effets secondaires les plus fréquents à surveiller

Les effets secondaires connus des statines sont principalement des douleurs musculaires (myalgies). Ces douleurs sont toujours présentes, sourdes, comme si le muscle avait fait un gros effort.
En fait, tous les médicaments de la classe des statines sont associés à des troubles musculaires.
De plus, une diminution de la fonction hépatique semble également avoir été observée avec la prise de statines, affectant environ 1 % des patients.
Certains médicaments à base de statines sont potentiellement diabétogènes avec un risque plus élevé pour les doses plus importantes.

Il est possible de vérifier tous ces effets secondaires par des prélèvements sanguins.
Finalement, les statines ont certaines interactions médicamenteuses, comme la plupart des substances médicales.


Fausse accusation

Il a été démontré que bon nombre des effets indésirables ou symptômes provoqués par l'utilisation des statines en pratique courante ne sont pas réellement causés par ce traitement, c'est-à-dire qu'elles sont accusées à tort.


Il est donc préoccupant de constater que certains patients cessent de prendre leurs statines à cause de ces allégations exagérées quant à leurs effets défavorables, et surtout dans le cas des patients exposés à un risque accru d’évènements cardiovasculaires.

Tel que déjà mentionné, il existe plusieurs types de statines et toutes les grandes marques sont désormais disponibles sous la forme de médicaments génériques. Les grandes industries pharmaceutiques ne reçoivent pas de revenus de ces ventes.

 

Une décision éclairée est nécessaire

La décision de prendre des statines, et de choisir un type par rapport à un autre, devrait être prise, d'une part, en collaboration avec son médecin, à la suite d’une ou de plusieurs discussions sur les préoccupations médicales et personnelles du patient.
D’autre part, la décision devrait s'appuyer sur des faits répertoriés, provenant de solides résultats scientifiques obtenus à travers le monde, et ce, sur de nombreuses années.


Thérapies additionnelles

Lorsqu’un patient n’atteint pas un niveau suffisamment bas de LDL-C avec un traitement aux statines, il est possible que le professionnel de la santé prescrive un traitement additionnel : l'ézétimibe 10 mg/jour.

 

L'ézétimibe

L’ézétimibe est recommandé par les spécialistes canadiens en matière de dyslipidémies et s'ajoute à la médication déjà prescrite.

Ce médicament agit sur l’intestin afin de diminuer la réabsorption du cholestérol par l’organisme au profit de son élimination et favorise une diminution supplémentaire du LDL-C dans le sang pouvant aller jusqu’à 25 %.

 

Les chélateurs des acides biliaires

D’autres médicaments appelés résines chélatrices des acides biliaires fonctionnent également au niveau de l’intestin. Un nom un peu compliqué qui veut simplement dire qu’ils empêchent les sels biliaires d’être réabsorbés normalement par l’intestin pour retourner à la vésicule biliaire.
La perte ainsi exagérée des sels biliaires doit être remplacée. Leur fabrication demande du cholestérol, d’où une réduction du cholestérol dans le sang. Cette médication peut être ajoutée à la thérapie contre l’hypercholestérolémie.


Un nouvel ajout : l’inhibiteur de la PCSK9

Le traitement additionnel aux statines à privilégier, après l’ajout de l’ézétimibe, est l’utilisation d’un inhibiteur de la PCSK9, une nouvelle classe de médicaments.

L’evolocumab et l’alirocumab ont récemment été approuvés pour être utilisés au Canada et ont démontré une capacité à diminuer le LDL-C de 50 à 70 % chez les patients prenant ou non des statines.

Pour l'instant, ces nouveaux médicaments sont prescrits aux patients atteints d'une maladie cardiovasculaire connue et qui n’atteignent pas des niveaux de LDL-C suffisamment bas malgré la prise de statines et/ou d’ézétimibe, ou aux patients souffrant d'une hypercholestérolémie familiale (cause génétique connue de niveaux élevés de LDL-C).  

 

Effectuer un contrôle du cholestérol sanguin avec la thérapie

Le bilan lipidique devra être répété environ 3 mois après le début du traitement.

Par la suite, un suivi régulier pour le LDL-C sera nécessaire afin de s'assurer que les résultats atteignent le niveau ciblé. Si c’est le cas, le bilan lipidique sera répété 1 à 2 fois par an afin de vérifier le maintien des niveaux de LDL-C. En revanche, advenant le cas contraire, le traitement devra être modifié.

 

Donc, en résumé :

  • on fait une prise de sang pour déterminer la quantité de cholestérol dans votre sang;
  • si votre taux de cholestérol dans les LDL est élevé, votre risque de maladie cardiaque augmente, en particulier lorsque d'autres facteurs amplifient votre risque;
  • si nécessaire, il aura recours à l’ézétimibe et aux inhibiteurs de PCSK9 pour une diminution supplémentaire du LDL-C.